Roberto Traversini devant la justiceDes témoins soulignent l'engagement de l'ancien député-maire de Differdange

Diana Hoffmann
Raphaëlle Dickes
traduit pour RTL Infos
Le procès de Roberto Traversini et de deux autres prévenus pour prise illégale d'intérêts, détournement de fonds publics, faux et abus de confiance, a débuté lundi.
© RTL

Avant le début de l’audience, l’ex-député-maire vert de Differdange, Roberto Traversini, n’a pas souhaité répondre aux sollicitations de RTL.

Le parquet reproche à l’ancien bourgmestre une prise illégale d’intérêts, c’est-à-dire d’avoir abusé de sa fonction de l’époque pour servir ses propres intérêts. Les autres charges retenues sont détournement de fonds publics, faux et abus de confiance. Il convient de rappeler ici qu’il ne s’agit pas de l’affaire dite “de l’abri de jardin”,
qui portait sur les permis délivrés dans la zone protégée, dont le dossier a été classé sans suite par la justice. En bref, cette affaire portait sur un abri de jardin construit sur une parcelle d’une maison héritée par Roberto Traversini. La construction avait été érigée dans une zone protégée de Niederkorn, que le nouveau plan d’aménagement de la commune prévoyait de rendre habitable. L’opposition avait alors dénoncé un conflit d’intérêt en faveur du bourgmestre. Si le volet concernant les permis a été classé, l’enquête sur les travaux présumés illégaux que Roberto Traversini aurait fait réaliser dans et autour de cette maison, s’est poursuivie.

Lundi, au premier jour d’audience, la défense de Roberto Traversini avait convoqué plusieurs témoins afin de replacer les faits reprochés à l’ancien bourgmestre dans leur contexte. Tous ont affirmé qu’ils ne pouvaient imaginer que Roberto Traversini ait agi pour son intérêt personnel. Selon eux, dans l’exercice de ses fonctions, il a toujours agi dans l’intérêt de la commune.

Il lui est notamment reproché d’avoir, en tant que maire, voté en faveur d’un projet visant à modifier le PAG (Plan d’aménagement général) pour transformer une zone de jardins en zone résidentielle, près d’un terrain sur lequel se trouve une maison appartenant à des personnes qu’il connaissait bien. Plus tard, il avait hérité de cette maison. Cependant, il n’était plus présent lors du vote définitif sur le PAG, car il avait déjà démissionné à la suite de la fameuse affaire dite “de l’abri de jardin”. A la barre, le secrétaire communal a expliqué, à propos du vote, que plusieurs maisons se trouvaient dans le même cas de figure.

Roberto Traversini est aussi accusé d’avoir fait dessiner les plans pour des projets concernant la maison héritée, ainsi que pour la maison de sa compagne, par un stagiaire de la mairie. Plusieurs projets communaux avaient été envisagés pour la maison de sa compagne, notamment celui d’un centre thérapeutique. Le fait que la commune engage des projets et avance des fonds, qui sont ensuite remboursés par l’État, était une procédure normale, a souligné l’ex-premier échevin de Differdange, convoqué comme témoin.

Le prévenu Roberto Traversini aurait également employé des collaborateurs de l’initiative pour l’emploi CIGL pour des travaux effectués dans et autour de la maison dont il avait hérité, sans les rémunérer. Entendu comme témoin, le président du CIGL Esch a déclaré que de tels travaux étaient toujours facturés. Lui aussi a décrit Roberto Traversini, ancien président du CIGL Differdange, comme un homme politique engagé, qui avait considérablement développé cette initiative à Differdange.

Par ailleurs, la compagne de Roberto Traversini est également poursuivie pour complicité de prise illégale d’intérêts, de même qu’un fonctionnaire communal. Un autre fonctionnaire communal ne comparaîtra pas au procès pour raisons médicales. Une disjonction du dossier a été actée.

Au début de l’audience, le fonctionnaire communal et la compagne de Roberto Traversini n’ont pas souhaité s’exprimer. Ils ont simplement déclaré qu’ils réfutaient les accusations portées contre eux.

Le procès se poursuivra mardi avec les auditions des prévenus, le réquisitoire du parquet et les plaidoiries de la défense.


Back to Top
CIM LOGO