
Mercredi à la Chambre, dans le cadre d’une heure d’actualité, les députés ont discuté d’une interdiction éventuelle des réseaux sociaux pour les jeunes. La ministre CSV compétente, Elisabeth Margue, a précisé que le gouvernement privilégiait une solution européenne. Mais il serait également possible d’agir au niveau national.
Les dangers des réseaux sociaux pour le développement des enfants sont clairement démontrés : une limitation de la consommation d’Instagram et consorts serait donc tout à fait pertinente, selon la députée DP Mandy Minella, à l’origine de cette heure d’actualité. Il ne faudrait toutefois pas risquer que des enfants et des adolescents se sentent exclus ; c’est pourquoi la piste d’une interdiction générale jusqu’à 16 ans serait plus juste et équitable. Idéalement à l’échelle européenne.
Le député CSV Riccardo Marques s’est également prononcé pour un accès limité aux réseaux sociaux pour les jeunes de moins de 16 ans. La régulation ne suffit cependant pas à elle seule : il faudrait par exemple davantage d’éducation aux médias dans les écoles. Le député LSAP Ben Polidori, avec sa proposition de loi, a exhorté le gouvernement à ne pas se contenter d’attendre l’UE :
“Je pense aussi que nous devons maintenant apporter une réponse au niveau national, et c’est ce que nous voulons atteindre avec cette initiative : nous préparer et être prêts au cas où rien ne se ferait au niveau européen, afin de ne pas devoir attendre encore longtemps.”
Selon le député ADR Fred Keup, il serait certainement préférable que les enfants passent moins de temps sur leur téléphone. Mais une interdiction va trop loin pour le groupe parlementaire ADR.
“Des contacts sociaux, qui avaient peut-être lieu auparavant dans la cour de récréation ou à l’extérieur, ont ensuite eu lieu par téléphone et maintenant via les réseaux sociaux, et ils sont importants. Cela permet de créer des liens, de trouver du soutien, de se sentir appartenir à un groupe, ce qu’on ne trouve pas forcément hors ligne.”
Par ailleurs, les réseaux sociaux sont aussi une source d’information de plus en plus importante. Les interdire complètement ne serait pas la bonne solution. La ministre CSV de la Justice, Elisabeth Margue, a souligné au contraire qu’il appartenait désormais à la politique d’assumer ses responsabilités. Les faits concernant les dangers des réseaux sociaux sont clairs. La solution la plus efficace serait toutefois européenne. Et beaucoup de choses sont déjà en cours à ce niveau :
“Il y a donc toute une série de mesures en préparation au niveau européen. Et comme je l’ai dit, le passé montre aussi que nous pouvons obtenir beaucoup à ce niveau. Il y a également de nombreuses raisons pour lesquelles il vaut mieux agir à ce niveau plutôt qu’au niveau national. Les contenus préjudiciables ne connaissent pas de frontières. C’est pourquoi il est important d’avancer de manière coordonnée et ambitieuse, et d’essayer d’agir à 27 plutôt que d’avoir ensuite 27 solutions individuelles.”
La ministre reconnaît toutefois qu’on ne peut pas simplement attendre l’UE. C’est pourquoi un groupe de travail interministériel planche depuis plusieurs mois sur des solutions nationales. Le Luxembourg souhaite également maintenir la pression sur l’UE sur ce sujet.
Finalement, la proposition de loi de Ben Polidori a été renvoyée à la commission compétente, où elle sera débattue ultérieurement.