
“Nous soutenons l’interdiction du smartphone à l’école fondamentale parce qu’il perturbe les cours et provoque de nombreux problèmes.” Par exemple, des photos sont prises et partagées dans des groupes WhatsApp, “ce qui peut conduire à des cas de mobbing”, déplore Patrick Remakel.
La semaine dernière, le ministre de l’Education, Claude Meisch, a déclaré que l’application de l’interdiction ne nécessite la modification d’aucune loi. Cela relève de l’autorité de l’enseignant. Le président du SNE approuve ce message du ministre. C’est un soutien aux enseignants. Il est toutefois aussi important que les parents, avec tous les autres acteurs de l’enseignement, aident à la mise en oeuvre de l’interdiction, selon le responsable syndical.

Une préoccupation majeure des enseignants est qu’il y a de plus en plus d’enfants ayant des besoins spécifiques. “Nous ne disposons pas de chiffres précis sur le nombre d’enfants concernés.” Le ministère n’en a pas non plus. Toutefois “de plus en plus d’enseignants contactent le SNE parce qu’ils ont des enfants à besoins spécifiques dans leur classe.” “Cela va des enfants dyslexiques et dyspraxiques, aux enfants présentant des anomalies comportementales, qui sont de plus en plus nombreux, ou aux enfants ayant des besoins médicaux spécifiques.”
Le ministre a certes pris des mesures, comme la création de centres de compétences, mais il faut en revoir le fonctionnement et cela ne suffit pas. “Il faut être honnête: il y a certains enfants dont la place n’est plus à l’école du moins temporairement, ils devraient être temporairement retirés du système éducatif normal et être spécialement encadrés.” Pour ce faire, il faut étoffer le personnel et embaucher des “instituteurs spécialisés dans la scolarisation des élèves à besoins éducatifs spécifiques”. Nous avons également besoin d’”une task force pour pouvoir intervenir dans les écoles” quand le problèmes se multiplient, demande le SNE.
Le SNE a élaboré pendant les vacances tout un cahier des charges qu’il souhaite présenter à Claude Meisch. En plus de l’encadrement des enfants à besoins spécifiques, il faut aussi parler du bien-être des enseignants. Dans une étude présentée avant l’été, il a été constaté qu’environ 30% des enseignants étaient au bord du burnout et que c’était directement lié au problème des enfants à besoins spécifiques. Le SNE est déçu que le ministre n’ait pas abordé le sujet du bien-être des enseignants à l’occasion de la rentrée.
“Notre recommandation aux responsables politiques et notre recommandation au ministre est de mettre en œuvre toutes nos revendications en matière d’encadrement des enfants à besoins spécifiques” selon Patrick Remakel.
Un autre gros problème est qu’un certain nombre de parents pensent que l’école doit tout assumer. Qu’ils amènent les enfants à la maison relais le matin et les récupèrent le soir. Et que là, ils reçoivent des distractions, qu’ils reçoivent un enseignement à l’école et que pour le reste, un travail éducatif est aussi réalisé. Sur ce point, “il manque parfois un message politique adressé aux parents, à savoir que les parents ont non seulement des droits, mais aussi des obligations”, explique Patrick Remakel.