IA à l'écoleClaude Meisch veut former des esprits critiques, pas des robots

Dany Rasqué
adapté pour RTL Infos
L’introduction de l’intelligence artificielle à l’école ne doit être ni interdite ni glorifiée, ont affirmé le ministre de l’Éducation Claude Meisch et le neuroscientifique Henning Beck lors d’une conférence consacrée au sujet.
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Pour le ministre de l’Éducation, le rôle de l’école est d’agir comme une boussole afin d’aider les élèves à naviguer dans un monde où l’IA est omniprésente, et à l’utiliser de manière réfléchie et responsable.

Henning Beck a averti que ceux qui refuseront de s’engager avec l’IA “en paieront le prix ". Selon lui, le débat se concentre trop souvent sur les risques liés à l’usage de ces outils, en négligeant les dangers de les ignorer. Des idées pourraient ne jamais émerger, des modèles économiques passer inaperçus et des opportunités se perdre simplement par peur de la technologie. Les jeunes doivent apprendre à distinguer les situations où l’IA peut aider de celles qui nécessitent un jugement humain.

Le neuroscientifique a insisté sur la nécessité d’adopter une attitude critique face aux réponses générées par l’IA. Cette compétence, dit-il, ne peut être acquise qu’en testant activement la technologie, en la poussant dans ses retranchements et en questionnant ses résultats. Il compare cet apprentissage à celui du vélo : on progresse en essayant, en tombant, puis en se relevant. L’école doit offrir un cadre sécurisé où les élèves peuvent expérimenter et apprendre de leurs erreurs.

Si l’IA bouleverse les habitudes des enseignants, elle transforme aussi celles des parents, dont la scolarité n’avait rien de comparable il y a trente ans. Copier les devoirs dans le bus appartient au passé : aujourd’hui, une IA peut rédiger un texte en quelques secondes. Mais Beck met en garde contre une utilisation purement utilitaire de ces outils. Les élèves qui délèguent leurs tâches sans réflexion risquent de moins apprendre, de devenir dépendants et plus facilement influençables, perdant ainsi une part de leur liberté intellectuelle.

Au Luxembourg, cette approche est soutenue par AI Compass, une plateforme en ligne destinée à guider élèves, enseignants et directions d’école dans l’intégration responsable de l’IA. Reste une question ouverte, souligne Claude Meisch : comment adapter l’évaluation scolaire à cette nouvelle réalité ? Le ministre reconnaît que les méthodes de contrôle des connaissances devront évoluer pour tenir compte du rôle croissant de l’intelligence artificielle dans l’apprentissage.

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