Une spectatrice tuée lors d'un rallyeAprès le drame, le temps des questions à Bastogne

Luc Suriant
Au lendemain de l’accident qui a coûté la vie à une personne aux Legend Boucles, la pérennité de l’épreuve pourrait être sujette à débat.
© Legend Boucles

La vie a repris son cours dans la région de Bonnerue, petit coin reculé de l’Ardenne belge situé à proximité d’Houffalize, mais le cœur n’y est pas. La disparition tragique de Christelle, maman de deux enfants, percutée dimanche matin par une voiture lors des Legend Boucles de Bastogne, a jeté l’émoi dans la population. Personne très appréciée, la quadragénaire était engagée dans la vie culturelle locale et notamment dans un groupe carnavalesque.

“Elle avait toujours un petit mot gentil et n’était jamais avare de conseils”, confessait cette maman habituée à fréquenter la pharmacie dans laquelle travaillait la victime.

Les premiers mots sur les réseaux sociaux ont été destinés à la famille, mais très vite, la polémique a enflé. Notamment dans le chef dans anti-rallye. “Encore une raison de plus pour détester ce sport”, pestait Cindy. “Les rallyes datent d’un autre temps! Il est temps de dire stop! Outre les morts récurrentes, ils sont source de pollution”, ajoutait un internaute.

Les Legend Boucles de Bastogne sont devenues, au fil des ans, un événement éminemment populaire dans la région. Les amateurs de voitures vintage se pressent par milliers dès le vendredi soir dans la grand rue rendue piétonne pour l’occasion afin d’admirer ces ancêtres. Et dans l’espoir aussi de croiser des vieilles gloires qui ont contribué à la renommée du rallye ou qui sont davantage connues dans le monde du show business.

Stop ou encore?

Et même s’il s’agit avant tout de prendre du plaisir pour ces pilotes, le risque est inhérent à la pratique de ce sport qui a déjà enlevé la vie à maintes reprises. On se souvient notamment de deux adolescents fauchés au Rallye du Condroz en 2022. Un accident sonnant le glas de l’épreuve.

Quid de celle de Bastogne? C’est bien trop tôt pour y répondre. Une enquête est en cours pour éclaircir les circonstances du drame. Selon les premiers éléments, la victime se trouvait dans une zone autorisée au moment du drame selon le parquet. Le balisage était conforme au plan et le commissaire a fait son job. Il semble que les gaz de la voiture responsable de cette embardée soient restés bloqués, précipitant le bolide dans un tout droit fatal.

Vincent Franssen, responsable presse du Royal Automobile Club de Spa, a justifié l’arrêt immédiat de la manifestation. “Il était difficile de redonner la priorité à des considérations sportives dès l’instant où un incident de ce type arrive sur le parcours.”

Les autorités communales ne souhaitent pas non plus se précipiter dans leur communication. «On doit se poser de lourdes questions», confiait le bourgmestre de Bastogne Benoît Lutgen à nos confrères de TV Lux. “Elles viendront en temps voulu et j’y veillerai personnellement. Nous pensons d’abord à la famille et nous laissons l’enquête se poursuivre.

Les intérêts économiques d’un tel rendez-vous ne sont pas minces et devront être mis dans la balance avec les risques que cela comporte. Qu’il s’agisse de la fatalité ou pas.

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