
Cette annonce s’inscrit dans le cadre d’un projet plus vaste de la Métropole du Grand Nancy: la construction d’un pôle aquatique moderne sur le site de Nancy Thermal censé ouvrir en 2023. Initié à partir d’une étude clinique sur l’eau thermale, ce futur pôle s’envisage comme un retour aux sources du thermalisme nancéien du début du XXe siècle.
Seulement il n’a jamais été question que sa construction soit accompagnée de celle d’un casino, comme le permet la loi du 15 juin 1907 sur les stations thermales. Jusqu’à ce lundi 15 juin, lorsque le maire de Nancy a évoqué l’idée de faire naître un palais de machines à sous dans le quartier Nancy Grand Cœur à proximité de la gare. Laurent Hénart a basé son argumentation sur la nécessité de relancer l’économie après la crise sanitaire, et un casino pourrait, selon lui, être un vecteur de développement touristique.
Si la crise est un argument recevable, il ne faut pas oublier qu’un deuxième tour d’élections municipales est prévu le 28 juin, scrutin dans lequel le maire sortant est en situation inconfortable. Lors du premier tour, Laurent Hénart n’est arrivé qu’en deuxième position derrière le socialiste Mathieu Klein, ce dernier s’étant allié depuis aux écologistes.
Cette annonce peut donc également s’interpréter comme une manière de relancer la campagne, d’autant plus explosive que l’ambitieux projet de pôle aquatique ne fait pas l’unanimité à Nancy. En effet, un collectif citoyen nommé “Bien Commun” a déposé un recours en contentieux devant le Tribunal administratif visant à suspendre les travaux. Ses signataires s’opposent à ce qu’ils décrivent comme un projet pharaonique principalement “au profit des promoteurs et des financiers”. On imagine mal que ces derniers s’enthousiasment à l’idée de voir naître un casino dans la foulée du l’ouverture du pôle.