
Alors qu’il avait, durant l’enquête, reconnu être à l’origine des tirs et justifié son acte en expliquant qu’il avait voulu venger l’humiliation récente de l’un de ses frères, filmée et diffusée sur les réseaux sociaux, l’accusé a déclaré, à l’ouverture de son procès, revenir sur ses déclarations “concernant les faits du 13 mai”.
“Je ne reconnais pas avoir tiré, ni avoir eu l’arme entre les mains”, a déclaré l’accusé âgé de 40 ans, vêtu d’une chemise blanche et d’un chandail noir.
Le samedi 13 mai 2023 en fin d’après-midi, une dizaine de personnes sont présentes à proximité du porche d’un immeuble réputé pour abriter des revendeurs de drogue dans le centre-ville de Villerupt, ville de 10.000 habitants proche des frontières belge et luxembourgeoise.
Peu après 18h, un homme encagoulé dégaine un pistolet mitrailleur et tire à une vingtaine de reprises, blessant cinq personnes - quatre hommes et une femme - âgées de 17 à 30 ans, dont trois grièvement. La plus jeune se déplace aujourd’hui en fauteuil roulant.
Le tireur prend la fuite au volant d’un véhicule volé puis menace deux adolescents à scooter, des faits que l’accusé a toujours contestés. Il sera interpellé deux jours plus tard.
Plusieurs témoins ont dit avoir reconnu Abdelkrim Bellot, à sa voix ou encore le haut de son visage, qui était encore visible.
Entendus par les enquêteurs, “certains témoins parlaient d’un conflit ancien entre la famille Bellot et des jeunes qui tenaient” le point de deal, a rapporté le policier directeur d’enquête.
Une dette liée aux stupéfiants est aussi évoquée.
“Ils sous-entendaient pour certains une guerre de territoire entre les jeunes qui tenaient le point de deal et la famille Bellot”, quand d’autres ont fait mention d’une “agression violente” durant laquelle un frère de l’accusé aurait été “violenté, séquestré, ce qui aurait poussé son frère à le venger”, a encore relaté le directeur d’enquête.
L’homme présente un lourd passé judiciaire, ayant été condamné à une trentaine de reprises depuis 2001 à de la prison ferme, principalement pour des faits de vols et de violences, ou encore pour des délits routiers.
Après un an de détention, il avait été libéré le 6 avril 2023, un peu plus d’un mois avant la fusillade, après avoir purgé deux peines de six et 12 mois de prison pour refus d’obtempérer, violences aggravées et vol en récidive.
La cour d’assises de Meurthe-et-Moselle le jugera aussi pour “menace de mort” à l’encontre des deux jeunes croisés dans sa fuite.
Lui sont également reprochés un “recel de bien provenant d’un vol” et la “destruction d’un bien appartenant à autrui”, en l’espèce le véhicule volé qui lui a permis de prendre la fuite après la fusillade.
La suite de la journée de mardi est consacrée aux rapports des différents experts intervenus dans le dossier, tandis que les parties civiles et les témoins seront entendus par la cour mercredi.
Le verdict, attendu vendredi, pourrait intervenir dès jeudi en fin de journée, selon le planning prévisionnel de l’audience communiqué mardi.