Livraison de masques à la Belgique"On est en règle au Luxembourg" répond Avrox

Raphaël Ferber
La société luxembourgeoise Avrox, qui a fourni 15 millions de masques à la Belgique, se défend d'être une "société boîte aux lettres".
© AFP

Alors que les 15 millions de masques réceptionnés par la Belgique commencent à être distribués gratuitement depuis ce lundi 15 juin, la société luxembourgeoise Avrox, qui s’est chargée de fournir ces produits devenus “de première nécessité”, s’est faite entendre pour la première fois par l’intermédiaire de l’un de ses deux actionnaires.

SOCIÉTÉ BOÎTE AUX LETTRES? “UN FANTASME!”

Au cœur de la polémique, il y a déjà la nature de cette société, suspectée d’être une “société boîte aux lettres”. “C’est un fantasme” a répondu l’un des deux actionnaires, Laurent Hericord, à La Libre Belgique. “Les actionnaires d’Avrox sont réels, ce sont des personnes physiques. Avrox a un bureau, un numéro de téléphone (...). Que ce soit clair : Avrox est une société en règle au Luxembourg, qui paie ses impôts et ses taxes, et a fourni tous les documents que la Défense (belge, ndlr) demandait dans le cadre du contrat-cadre européen avec la totalité de la documentation certifiée par l’État luxembourgeois. Avrox n’a pas de filiales à l’international, n’a pas de holding au-dessus d’elle et n’a pas de filiales au Luxembourg.”

Certains médias belges, dont le journal flamand Het Laatste Nieuws, ont également pointé du doigt l’actionnaire majoritaire Hamzeh Talhouni (qui détient 90% des parts d’Avrox). Celui-ci est actionnaire de la banque jordanienne Cairo Amman, accusée par Israël de financer le terrorisme en hébergeant les comptes d’ex-détenus palestiniens condamnés pour des attaques. “Cette banque est tout à fait respectable en Jordanie” avait répondu Philippe Goffin, le ministre belge de la Défense. “Il (M. Talhouni) représente plusieurs sociétés à travers le monde, qui sont d’activités diverses et ont une expérience accrue de la logistique, du sourcing, de la production dans ce type de matériel (les masques, ndlr)” souligne Laurent Hericord, toujours dans La Libre Belgique.

“LE MASQUE EST DÉSINFECTÉ À 30 DEGRÉS”

Une autre polémique est née de la température de lavage de ces 15 millions de masques, lesquels doivent être lavés à 30 degrés alors que le Bureau de Normalisation belge (NBN) exige un produit lavable à 60 degrés en machine. “Il faut que les choses soient claires : le masque est nettoyé, propre, et totalement désinfecté en le lavant à 30 degrés avec du détergent” répond Laurent Hericord, qui indique que les recommandations NBN ont été modifiées alors que le processus de création des masques était déjà lancé. “Si on veut garder 30 cycles de lavage et maintenir l’efficacité technique du masque en tant que tel, on doit les laver à 30 degrés” appuie Brice Erniquin, directeur commercial d’Avrox. “Mais si (les gens, ndlr) veulent le laver à 60°, évidemment qu’ils peuvent…"

Enfin, les responsables de la société luxembourgeoise se sont exprimés au sujet des amendes qu’ils ont dû payer, conséquences d’un retard de livraison de plus de vingt jours. “Aujourd’hui tout le monde est en retard, pas qu’Avrox ! La France, l’Italie, l’Espagne, tout le monde. On est dans une situation qu’on n’a jamais connue. Et nos retards sont minimes par rapport à d’autres producteurs” répond Brice Erniquin, confirmant néanmoins que la société a dû payer “plusieurs amendes, et de belles amendes...”

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