
Salariés, chômeurs, étudiants ont manifesté mardi dans toute la France mais aussi à Metz pour exiger des “réponses urgentes”, notamment sur la question des salaires, et pour remettre les questions sociales au cœur du débat, à un peu plus de six mois de la présidentielle, en avril 2022.
Près de 2.000 manifestants ont bravé la pluie entre la gare de Metz et la Place de la République ce mardi après-midi pour crier leur colère contre la politique du président Macron. Dans le cortège, le syndicat luxembourgeois est venu porter la voix des frontaliers français travaillant au Luxembourg qui avaient eu une très mauvaise “surprise fiscale” dans leur boîte aux lettres.
“Nous militons contre la nouvelle convention fiscale franco-luxembourgeoise parce que nous sommes ponctionnés des deux côtés de la frontière et je trouve ça injuste! La convention vient d’être suspendue pour deux ans mais le combat continue jusqu’à ce que le danger soit définitivement écarté pour les couples mixtes”, dont un conjoint travaille en France et l’autre au Luxembourg, lance Fatiha Mellah, secrétaire-adjointe de la Section OGBL des frontaliers de Metz et Thionville et frontalière elle-même.
Juste avant que le cortège ne se mette en ordre de marche l’OGBL a eu un échange de vue avec les élus de l’Eurométropole de Metz et de la Ville de Metz, responsables des affaires européennes et des frontaliers sur la nouvelle convention fiscale franco-luxembourgeoise. “Nous partageons la même analyse sur le rétropédalage du gouvernement français sur deux ans mais sans qu’il y ait de changement de méthode. Pour l’instant il n’y a pas d’avancée sur le long terme sur le calcul de l’imposition côté français. On a juste obtenu un sursis de deux ans”, résume Christian Simon-Lacroix, responsable des frontaliers français à l’OGBL.
Le syndicat est venu à Metz en ce jour symbolique pour demander que “la méthode d’imputation soit changée” et pas simplement d’avoir un sursis de deux ans. Le message de l’OGBL aux élus français qui transmettront est clair: “Nous maintiendrons la pression jusqu’à ce que nous ayons gain de cause”.
Les élus messins, rapporte le porte-parole de l’OGBL “sont d’accord sur le fait que ça va pénaliser le pouvoir d’achat des frontaliers et l’injection de leurs revenus en Lorraine et ils sont conscients que ça fait peser un risque sur l’avenir des frontaliers français au Luxembourg”.
Il regrette que “beaucoup de sujets qui n’ont pas été réglés depuis pas mal d’années devraient être sur la table (des discussions franco-luxembourgeoises, ndlr) mais ne le sont pas”. Il cite en vrac le problème de l’invalidité et les retraites. Concrètement, l’OGBL a trouvé une oreille politique tendue à Metz et “on nous a promis une entrevue dans les plus brefs délais avec François Grosdidier”.

Quant au ministre des Finances luxembourgeois, Pierre Gramegna, qui ne s’est pas encore manifesté dans ce dossier, il “ne se sent pas attaqué pour le moment. Mais il oublie qu’il y a aussi un problème côté luxembourgeois au niveau fiscal parce que les impôts luxembourgeois ne prennent pas en compte l’impôt français payé. Il y a donc le même problème de l’autre côté de la frontière depuis la mondialisation des impôts suite à la réforme de 2018”, fait très justement remarquer Christian Simon-Lacroix.
“C’est la raison pour laquelle nous demandons une modification de la convention ou de l’accord bilatérale parce que sinon c’est une vis fiscale sans fin”. Le problème existe aussi au Luxembourg “et pour tous les frontaliers, belges et allemands y compris”, souligne Christian Simon-Lacroix.