Covid-19 en Meurthe-et-MoselleLe Luxembourg doit-il s'inquiéter?

RTL Infos
Les derniers chiffres communiqués par l'Agence Régionale de Santé montrent que les contaminations repartent à la hausse dans le département de la Meurthe-et-Moselle. Du côté des autorités de santé et de la préfecture, on se veut rassurant.
Place Charles-III (Nancy) vendredi 12 juin
Place Charles-III (Nancy) vendredi 12 juin
© mobile reporter

Prises sans recul, les dernières données communiquées par l’ARS concernant la Meurthe-et-Moselle (et la Meuse) peuvent inquiéter dans le Grand Est et même au Luxembourg. En effet, selon le STATEC, quelque 26.740 travailleurs frontaliers français sont basés en Meurthe-et-Moselle, le bassin de Longwy est d’ailleurs un grand pourvoyeur de forces vives pour le Grand-Duché. L’évolution de la situation dans ce département est donc surveillée de près.

La “taux d’incidence” de l’épidémie, c’est-à-dire le nombre de nouveaux cas pour 100.000 habitants, a explosé dans le département du 54 où il est plus de trois fois supérieur à la moyenne régionale (28,1 contre 9). Cet indicateur est donc désormais en orange, car il est supérieur au seuil de vigilance, fixé à 10, mais encore loin du seuil d’alerte (50).

© ARS

DES TERRASSES DE CAFÉ CONTRÔLÉES PAR LA POLICE À NANCY

Les autorités — la préfecture comme l’ARS — ont tenté de relativiser ces chiffres ces derniers jours et donc de ne pas alarmer la population, tout en maintenant un discours ferme concernant les mesures de distanciation, subtil exercice d’équilibriste. Le préfet de Meurthe-et-Moselle s’est exprimé lors d’une conférence de presse le mercredi 10 juin.

Conférence de presse du préfet de Meurthe-et-Moselle le 10 juin
Conférence de presse du préfet de Meurthe-et-Moselle le 10 juin
© préfecture de Meurthe-et-Moselle

Éric Freysselinard a insisté sur le fait que le département procède a beaucoup de tests, plus qu’ailleurs, ce qui est une première explication de ce fort taux d’incidence. Mais le préfet a également pointé un certain relâchement de la population et une tendance à appliquer des mesures de distanciation à géométrie variable. Si les citoyens sont vigilants dans les transports publics ou lorsqu’ils vont faire leurs courses, ils le sont beaucoup moins lorsqu’il s’agit de passer un moment entre amis par exemple. Il a d’ailleurs été décidé que des patrouilles de police contrôlent les terrasses des cafés et restaurants à compter de ce mercredi 10 juin à Nancy.

Place Charles-III (Nancy) vendredi 12 juin
Place Charles-III (Nancy) vendredi 12 juin
© mobile reporter

Le professeur Christian Rabaud, infectiologue et président de la commission médicale d’établissement du CHRU de Nancy, se veut rassurant. Il s’est exprimé dans la foulée de la publication de ces données pour faire passer un message clair: il ne faut pas s’inquiéter. L’infectiologue a expliqué que si l’on trouve plus de cas, c’est qu’on en cherche plus. Par exemple, la nouvelle méthodologie de recherche de cas mise en place par les autorités sanitaires permet de faire des tests PCR (sorte de grand coton-tige que l’on enfonce dans le nez) sur des personnes asymptomatiques. Il y a par conséquent plus de cas que lorsqu’on ne teste que des personnes qui ont des signes de la maladie. Pour Christian Rabaud, les chiffres publiés par l’ARS ne sont pas le signe d’une reprise de l’épidémie.

Au Luxembourg, pays mis en avant pour sa bonne gestion de la crise, on souhaite pouvoir garder la situation sous contrôle malgré le flux du travail frontalier. Le Grand-Duché vient de passer la barre des 100.000 tests depuis le début de la crise. 101.877 ont déjà été effectués, pour 4.055 cas positifs. 16 personnes y sont hospitalisées désormais.

À l’heure actuelle, rien ne laisse penser que la Meurthe-et-Moselle — passée du rouge au vert sur la carte de France du coronavirus le 2 juin dernier — pourrait basculer de nouveau du mauvais côté de la barrière virtuelle. Le “54" n’a qu’un seul indicateur, sur les quatre déterminant la couleur des départements, au-dessus des seuils de vigilance, alors qu’il en faudrait au moins deux sur quatre pour que le département repasse en orange. Il s’agit bien sûr du taux d’incidence, tandis que les trois autres (taux de positivité des tests virologiques, taux d’occupation des lits en réanimation et taux de reproduction du virus) ne prêtent pas à l’inquiétude.

La fameuse carte de France du coronavirus doit être actualisée le 22 juin, date du début de la phase 3 du déconfinement.

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