
Chaque jour, l’autoroute A31 est saturée depuis Metz jusqu’à la frontière luxembourgeoise. Or cette saturation “a pour conséquence qu’un nombre de plus en plus important de véhicules et notamment de poids-lourds préfèrent quitter l’A31 et contourner Metz par l’est”, constate le sénateur Jean-Louis Masson, dans un texte adressé en mars dernier au Ministère en charge des transports.
De ce fait, le contournement B32 qui passe par la RN431 “commence lui-aussi à être saturé et les files d’attente qui s’accumulent tous les jours aux heures de pointe près de certains échangeurs, créent des risques d’accident.”
Le sénateur demande donc “s’il serait possible que l’administration cesse de considérer que le contournement-est de Metz est une solution de délestage remédiant à la saturation de l’autoroute A31 dans la traversée de l’agglomération.”
Jean-Louis Masson connait bien le dossier. En 1980, alors député de la Moselle, il portait déjà ce projet de contournement avec un objectif: que cette voie rapide ne deviennent jamais une voie de délestage de l’A31, mais serve à la desserte locale, explique-t-il au Républicain Lorrain. Hélas, comme il le constate désormais, “tous les jours, à 17 h, on a 300 m de queue au niveau du rond-point de Fey. L’accès à l’hôpital est régulièrement engorgé aussi, tout en sachant que la nouvelle caserne des pompiers a été installée à Peltre. Il y a une vraie difficulté sur cette route ; un jour, il y aura des accidents. N’en rajoutons pas en déviant une partie du trafic de l’A31 sur ce contournement” qui est actuellement exploité par la DIR Est, mais qui sera mis à la disposition de la Région Grand Est à partir du 1er janvier prochain.
Le Ministère des transports a répondu, le 19 avril, en confirmant que le gouvernement “est pleinement conscient des conditions de circulation que connaît actuellement le sillon lorrain et partage le constat des enjeux de répartition du trafic de transit entre l’itinéraire A31 et le contournement Est”.
Mais il nuance aussitôt, rappelant que “l’agglomération de Metz offre un réseau robuste pour les trafics de transit Nord-Sud, en proposant 5 voies de circulation par sens à savoir 3 voies sur l’A31 et 2 voies sur la RN431. Les simulations de trafic à moyen terme indiquent que l’infrastructure est globalement suffisamment dimensionnée pour assurer le bon écoulement des trafics de transit, même si des points durs nécessitent une attention particulière.”

Et d’en venir au coeur du problème: la RN 431 montre “ses limites en termes de capacité. Il est notamment impossible d’y basculer le trafic poids lourds en transit sans y prévoir de très lourds aménagements qui n’apporteraient par ailleurs pas d’amélioration significative aux conditions générales de trafic. Ces mêmes études ont aussi montré les limites de fonctionnement des échangeurs de Fey et d’Hauconcourt qui devraient en effet à moyen terme présenter une saturation significative, de même que la section entre l’échangeur de Fey et le diffuseur 30 d’Augny.”
Le ministère partage donc “le constat du développement de congestions aux heures de pointes à hauteur des échangeurs sur la RN431. Ces dysfonctionnements souvent induits par la capacité du réseau local ou de ses carrefours de raccordement doivent être analysés, au-delà du seul réseau routier national, sous le double aspect de la politique d’aménagement et de la politique des transports de l’agglomération.”
Des aménagements sont “en cours d’étude dans le cadre du projet A31bis” poursuit le Ministère, qui conclut en affirmant que “les services de l’Etat sont disponibles pour travailler avec les collectivités et examiner des projets d’amélioration qui s’inscriraient dans un cadre distinct du projet A31bis, auquel l’Etat donne sa priorité.” Sauf qu’avec les difficultés que rencontre déjà le projet A31bis, le problème de la N431 ne semble pas prêt d’être résolu...
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