Province de LuxembourgUne semaine de galère pour les usagers du rail

Luc Suriant
Des grèves vont impacter le trafic ferroviaire toute la semaine en Wallonie. Pour rejoindre la capitale luxembourgeoise, il va falloir se réinventer.
© SNCB

La trêve des confiseurs est terminée. Le temps des fêtes et des cadeaux dans le rétro, la grogne sociale est de retour et elle va frapper de plein fouet le rail et le TEC, l’opérateur des transports en commun en Wallonie. Même si les deux réseaux dépendent de pouvoirs différents - le rail est du ressort fédéral et les bus sont liés au gouvernement wallon -, la paralysie sera le mot d’ordre de la semaine.

Cinq syndicats ont annoncé des grèves jusqu’à vendredi inclus. Les revendications sont diverses. Les représentants des cheminots partent en croisade contre la détérioration du service public et sont vent debout à propos de l’avant-projet de loi qui concerne la réforme des chemins de fer.

La fin de l’engagement statutaire à partir du 1er janvier 2028 est notamment très critiqué par les syndicats qui affirment que le statut est la garantie d’un service public de qualité. Les agents engagés à partir de cette date seront des contractuels.

Le ministre fédéral de la Mobilité, Jean-Luc Crucke (Les Engagés), a rappelé que le temps des négociations était terminé. “Il y a un temps pour tout. Le dialogue social a été tenté”, a rappelé le ministre au Parlement. A deux reprises, nous avons signé un accord avec les organisations syndicales reconnues. J’étais prêt à prendre mes responsabilités avec le gouvernement. A deux reprises, et c’est son droit, la base a refusé ces accords.

Le ministre a rappelé au passage que le statut accordé aux cheminots avait disparu dans de nombreux pays européens et milite pour l’ouverture à la concurrence, ce qui ne plaît guerre à la SNCB, l’opérateur historique en Belgique.

Le règne de la débrouille

Sur le rail, la grève débutera dès ce dimanche à 22h et durera jusqu’à vendredi inclus. La SNCB mettra en place un plan de transport alternatif, basé sur les intentions de grève du personnel. Le planning sera établi 48 heures à l’avance.

Dans la province de Luxembourg, on s’organise comme on peut. Daniel, 43 ans, habite Arlon et travaille dans une fiduciaire à Luxembourg-Ville. «Je vais reprendre ma voiture et tenté de décaler mes horaires afin de ne pas perdre trop de temps ni d’énergie dans les bouchons», raconte ce père de famille, qui va tenter de concilier son agenda avec celui de son épouse afin de s’occuper des enfants. «Heureusement que les grands-parents sont là», confesse Daniel qui prend cette situation avec philosophie.

Sophie, 33 ans, est, elle, beaucoup plus véhémente. “C’est toujours la même chose. On se retrouve pris en otage. On n’a pas l’impression que les choses ont beaucoup bougé ces dernières années malgré des actions qui nous empoisonnent la vie”, peste cette

habitante de la région de Habay-la-Neuve qui rappelle au passage que le télétravail n’est pas illimité et que s’il est parfois possible de trouver des arrangements professionnels, il ne faut pas tirer sur la corde non plus.

Les titulaires d’un abonnement vont aussi voir une partie de leur investissement partir en fumée. Et travailler au Luxembourg n’est pas nécessairement synonyme de revenus élevés.

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