La paie, la qualité de vie, les bouchons...Ce que les futurs frontaliers pensent du Luxembourg

Thomas Toussaint
La plateforme Moovijob organisait son 2e salon de recrutement à Metz ce vendredi 22 mai. RTL Infos a rencontré plusieurs candidats pour un poste au Grand-Duché. Voici ce qu'ils disent du Luxembourg.
© Thomas Toussaint / RTL

Une meilleure paie mais des déplacements compliqués. Un pays très ouvert mais des secteurs de travail parfois bouchés. Il y avait du monde au salon de l'emploi organisé par Moovijob ce vendredi à Metz.

Des centaines de candidats à un emploi au Luxembourg ont fait le déplacement au centre des Congrès. CV en main, leur mission était bien définie : tenter de décrocher un des 5.000 postes référencés par Moovijob et se faire une place au Grand-Duché en rencontrant les 35 recruteurs présents.

Le Luxembourg a des atouts pour les travailleurs...

Sans surprise, la Place financière reste un des poids lourds du marché de l'emploi. Ce que nous confirme Amos, 29 ans. Après des études dans la finance, il se dit "très intéressé" par ce pays qu'il connaît peu mais dont il a entendu beaucoup de bien. "Je sais que c'est un pays très ouvert, j'aime cet aspect de diversité. Et puis il y a un haut niveau de vie et beaucoup d'espaces verts, c'est important à mes yeux."

"C'est un petit pays mais on sait que les salaires y sont plus élevés. Et avec l'inflation, ça devient important...

Plus loin, une mère et sa fille sont venues toutes les deux jeter un œil aux opportunités du jour. Ayline, la plus jeune, est au milieu de ses études d'infirmière. Mais si un poste d'aide-soignante avec un salaire correct se libère, elle n'hésitera pas à stopper ses études pour se lancer dans la vie active. Gulenay, la mère, est elle déjà employée et dit aimer son travail. Mais elle nous glisse qu'elle serait attentive à une opportunité au Luxembourg. "C'est un petit pays mais on sait que les salaires y sont plus élevés. Et avec l'inflation, ça devient important..."

L'attraction est parfois si forte que certains sont prêts à déménager pour se rapprocher du Luxembourg. C'est le cas de Nicolas, retrouvé dans la file d'attente des boulangeries Fischer. Le jeune homme vient de Nancy et "a du mal à trouver un poste" près de chez lui, malgré plusieurs expériences. À Moovijob, il a donc décidé de "voir si ça mord". Et si la pêche est bonne, pas d'hésitation : il sera prêt à se rapprocher du Luxembourg. Même si les trajets, qu'il imagine plutôt faire en transports en commun, ne l'effraient pas.

"J'ai des amis déjà embauchés au Luxembourg, ils s'y plaisent"

Michaël lui est plutôt branché par l'informatique. Fort d'une expérience an tant qu'administrateur des systèmes et des réseaux en France, il espère pouvoir quitter l'agglomération de Metz pour se rapprocher de la frontière. "J'ai des amis déjà embauchés au Luxembourg, ils s'y plaisent" confirme-t-il. "C'est vrai qu'on y travaille un peu plus qu'en France, mais la qualité de vie est là, il y a des avantages pour les enfants..."

Patrice est lui déjà employé au Luxembourg depuis dix ans. Ce Thionvillois reconnaît que "qu'on n'évite plus les bouchons" mais que professionnellement, il y avait de l'intérêt à faire l'effort. "Pour la retraite, c'est quand même mieux là-bas" assure-t-il. Employé dans le secteur du nettoyage, il parviendra peut-être à retourner dans l'horeca, qui lui manque terriblement.

... Mais le pays a aussi ses exigences

Le Luxembourg attire toujours, c'est une certitude, mais encore faut-il s'y faire une place. Ce qui n'est parfois pas une mince affaire. Michaël confirme justement qu'il a envoyé plusieurs candidatures, et a déjà eu des entretiens au Grand-Duché, mais ceux-ci sont restés sans réponse.

Claire attend elle aussi des jours meilleurs. Elle tient bon grâce à un job alimentaire mais voilà deux ans qu'elle ne parvient pas à trouver de poste dans les ressources humaines. Secteur dont elle est pourtant diplômée. "C'est devenu bouché" constate-t-elle. "J'ai candidaté mais je vois que c'est difficile." La barrière de la langue (anglaise cette fois) lui semble toujours être une condition d'entrée dans ce secteur. Installée à Crusnes, pas très loin de la frontière donc, elle ne se décourage pas : "S'il faut que je me déplace, je me déplacerai. Après deux ans comme ça, je ne vais pas faire la gourmande."

"Avec les transports, ce n'est pas la panacée. Mais les salaires sont plus élevés"

Avec plus de 20 ans de métier dans la vente, dont une expérience comme responsables de magasins, Caroline constate que "le marché du travail a changé". En poste, elle reste ouverte aux opportunités, d'où sa présence au salon Moovijob. Mais il lui reste un sentiment désagréable et un peu inexpliqué. "J'ai parfois très peu de réponses" regrette-t-elle. Le Luxembourg représente tout de même une option crédible à ses yeux, même si elle n'y a jamais travaillé. "Des amis y sont, ils m'ont prévenu qu'avec les transports, ce n'est pas la panacée. Mais les salaires sont plus élevés." Alors si une belle offre se présentait, elle pourrait laisser son emploi, pourtant tout proche de chez elle, et tenter l'aventure du Grand-Duché. Vu le nombre de personnes présentes au salon, elle n'est pas la seule à envisager une vie frontalière.

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