
Temps fort de la vie politique, le discours sur l’état de la nation est toujours très attendu par la classe politique, mais aussi les décideurs économiques, les syndicats et toutes les forces vives de la nation. Tous guettent, durant une petite heure en général, le cap que le Premier ministre et son gouvernement entendent suivre, malgré les tourmentes, pour les mois à venir, mais aussi les annonces de changements à venir.
Pour Luc Frieden, ce discours-clé devant le parlement qui interviendra à 14h ce mardi, c’est le moment de prendre de la hauteur. Comme il l’a exprimé au cours de son premier discours sur l’état de la nation, c’est surtout l’occasion “de prendre du recul par rapport à la politique quotidienne et à l’actualité afin de déplacer notre attention du détail vers l’ensemble.”
Le 11 juin 2024 donc, le Premier ministre luxembourgeois dissertait sur la manière dont il comptait “renforcer le Luxembourg pour l’avenir”,maintenir le modèle social luxembourgeois et protéger la paix et la liberté en Europe. Onze mois plus tard, où en sommes-nous?
Au moment où des discussions de paix entre Ukrainiens et Russes pourraient enfin prendre forme du côté d’Istanbul, où est lancée une course à l’armement sans précédente et où la guerre commerciale fait rage suite aux taxes douanières réhaussées par Donald Trump, comment le Luxembourg doit-il envisager son avenir?
En interne, le très récent déclenchement de l’index a conduit à une hausse de tous les salaires, les taux variables des crédits immobiliers redeviennent incitatifs et même si l’emploi salarié a moins progressé sur un an, le Luxembourg conserve toute sa crédibilité auprès des agences de notation: le pays reste solide, malgré les difficultés.
Mais Luc Frieden le sait, il est attendu au tournant ce mardi. Sur la presque devenue éternelle question du logement trop cher au Luxembourg, sur l’épineuse question de la réforme des retraites qui nécessitera de prendre des décisions impopulaires -d’autant que l’OCDE pousse à la roue- et sur la question cruciale du maintien de la paix sociale.
Le chef du gouvernement CSV-DP, parviendra-t-il à calmer ce mardi des syndicats remontés contre lui et qui l’ont accusé lors de la tempête du 1er mai, “être le fossoyeur de notre modèle social” ? Luc Frieden annoncera-t-il enfin la date de la “grande table ronde sociale” annoncée en janvier ?
Dans son discours sur l’état de la nation, le Premier ministre ne pourra éluder certaines questions.