Débat parlementaire sur l'IranLe grand écart entre espoir et inquiétude

Pierre Jans
traduit pour RTL Infos
Après la déclaration du gouvernement, les députés ont débattu de la situation au Moyen-Orient, et particulièrement en Iran.
© RTL 8archive)

Les efforts du gouvernement pour rapatrier des Luxembourgeois et des résidents présents dans la région, ont été salués par l’ensemble des partis. Toutefois, une motion du député LSAP Yves Cruchten, qui appelle le gouvernement à s’engager, notamment au niveau de l’ONU, pour des solutions diplomatiques à ce conflit, n’a obtenu que 53 voix pour. L’ADR s’est abstenu et les Pirates ont voté contre.

Tous les députés se sont réjouis avec les nombreuses Iraniennes et les nombreux Iraniens qui retrouvent désormais l’espoir de pouvoir vivre en paix et en liberté. Le président du groupe parlementaire CSV, Laurent Zeimet, estime que toutes ces personnes ont désormais une question pour l’UE : “En effet, la suivante : Est-ce que vous nous soutenez ? Notre volonté d’un Iran démocratique ? Et notre réponse à cette question est claire : Oui !

“Est‑ce une violation du droit international ? C’est possible”

La plupart des députés se sont toutefois plus ou moins offusqués du fait que les États‑Unis ont violé le droit international avec leur attaque contre l’Iran. Sauf l’ADR, le groupe parlementaire de Fred Keup : “Est‑ce une violation du droit international ? C’est possible. Est‑ce que c’est inédit ? Est‑ce une situation plus dangereuse qu’avant ? Certainement pas. Des phases d’instabilité, il y en a eu très souvent ces dernières années. Et des violations du droit international, énormément.

Ici, les aspects positifs l’emportent, et l’Iran l’aurait bien cherché, selon Fred Keup. Gusty Graas, élu DP, avait exprimé cela de manière plus nuancée : “Il ne faut pas oublier que ce pays ne soutient pas l’Ukraine. Au contraire : il est du côté de la Russie. Mais il est aussi clair que les États‑Unis, au plus tard après cette intervention, ont démontré que le droit international n’est plus respecté.

“Pensons à l’Irak et à l’Afghanistan”

Et cela inquiète Yves Cruchten, député LSAP : “Nous avons vu dans le passé ce qui arrive lorsque des interventions sont menées sans stratégie de sortie et sans large approbation internationale. Pensons à l’Irak et à l’Afghanistan. Les intentions étaient parfois bonnes. Les résultats ont trop souvent été l’instabilité et le chaos !

Et aujourd’hui, les États‑Unis ne font même plus mystère de leurs intentions, déplore David Wagner, élu de déi Lénk. “Ils le disent ouvertement. Il ne s’agit plus de changement de régime. Il s’agit simplement d’affaiblir ou de contrôler. L’essentiel est que le gouvernement travaille pour les États‑Unis. L’essentiel est qu’ils puissent s’approvisionner en pétrole.

Selon la députée verte Sam Tanson, le gouvernement et l’UE devraient condamner l’intervention des États‑Unis en raison de la violation de la Charte de l’ONU : “Si nous laissons passer cela et si cela nous est égal, alors des petits pays comme le Luxembourg, sans moyens de se défendre, deviennent tributaires de ce que les pays plus puissants peuvent se permettre de faire. Nous ne pouvons pas tolérer cela.

Marc Goergen comprend pourquoi les États‑Unis n’ont malheureusement pas associé les Européens à leurs plans en Iran. “L’Iran aurait probablement appris avant les autres ministres européens ce qui était prévu en Iran, via la Hongrie et ensuite la Russie.

Soutenir le peuple iranien, défendre le droit international : c’est une situation complexe.

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