Contrôles des poids lourdsLes douanes donnent la priorité à la sécurité routière

Céline Spithoven
adapté pour RTL Infos
Chaque jour, quelque 10.000 camions traversent le Luxembourg. Les douanes effectuent des contrôles quotidiens pour veiller à ce qu’ils circulent en toute sécurité sur les routes, que les chauffeurs ne soient pas trop fatigués et que les chargements soient correctement arrimés.
© Celine Spithoven

Le Luxembourg est un axe de transit important du trafic européen. C’est pour cette raison que les contrôles des moyens de transport jouent un rôle central pour la sécurité routière. Comme l’explique l’inspecteur principal des douanes, Jeroen Schaus, ces contrôles portent avant tout sur les camions.

Documents et temps de conduite au cœur des contrôles

Lors d’un contrôle, les agents des douanes vérifient en premier lieu les documents du conducteur, du poids lourd et du chargement. Cela inclut notamment la lettre de voiture CMR, qui fournit des informations sur le chargement et l’itinéraire. Les temps de conduite et de repos sont ensuite contrôlés. Grâce au tachygraphe, les agents peuvent télécharger et analyser les données du véhicule. Les douanes peuvent ainsi remonter jusqu’à 56 jours en arrière, soit près de deux mois. Au sein de l’Union européenne, des règles claires régissent les temps de conduite et de repos des chauffeurs routiers.

En règle générale, le temps de conduite journalier ne doit pas dépasser neuf heures, avec la possibilité de l’étendre à dix heures deux fois par semaine. Sur une semaine, un chauffeur ne peut pas conduire plus de 56 heures, et sur deux semaines consécutives, pas plus de 90 heures. Après 4 heures 30 de conduite, une pause d’au moins 45 minutes est obligatoire. Les chauffeurs doivent en outre respecter un temps de repos quotidien d’au moins 11 heures, tandis que le temps de repos hebdomadaire s’élève généralement à 45 heures.

Le tachygraphe est le petit appareil qui enregistre et conserve l’ensemble de ces données. Autrefois, il était relativement facile de le trafiquer. À l’aide d’un aimant puissant, on interrompait le contact, ce qui faisait apparaître une pause à l’écran. Cela n’est plus possible avec les appareils plus récents. Chaque conducteur possède désormais sa propre carte, qu’il insère dans le tachygraphe. Pour pouvoir rouler plus que ce qui est autorisé, il arrivait souvent que le chef d’entreprise prête sa carte, puisqu’il ne conduisait pas, et que le chauffeur répartisse son trajet sur deux cartes, une pratique interdite.

Certains conducteurs et entreprises sont agacés par l’obligation de faire des pauses. Pourtant, ces règles existent avant tout pour prévenir les accidents dus à la fatigue.

La sécurisation du chargement est déterminante

Outre les temps de conduite, les agents des douanes contrôlent également la sécurisation du chargement. Ils vérifient notamment si la cargaison est arrimée à l’aide de sangles, la manière dont celles‑ci sont fixées et si des tapis antidérapants ont été utilisés.

"Imaginez un camion de quarante tonnes qui perd son chargement. Cela pourrait entraîner de nombreux morts sur la route", avertit Jeroen Schaus. En effet, une cargaison mal arrimée peut glisser pendant le transport, ce qui augmente le risque de renversement. Parfois, les agents s’en aperçoivent déjà de l’extérieur, par exemple lorsque la marchandise appuie fortement contre la bâche à un endroit précis.

De loin déjà, les agents des douanes peuvent souvent reconnaître si la marchandise est correctement chargée et arrimée. Mais lors des contrôles quotidiens, d’autres éléments peuvent également attirer leur attention sur certains chauffeurs. "Par exemple lorsque le conducteur tient son téléphone à la main". L’expérience joue aussi un rôle : "Souvent, nous avons simplement un bon instinct et nous arrêtons un véhicule sans raison précise, pour découvrir ensuite qu’il y a bien plus derrière", explique Jeroen Schaus, qui a longtemps lui‑même travaillé sur le terrain.

1,4 million d’euros d’amendes en 2025

L’importance de ces contrôles ressort également des chiffres officiels. En 2025, les douanes ont infligé des amendes pour un montant total d’environ 1,46 million d’euros dans le cadre du contrôle des transports. De nombreuses infractions concernaient l’Eurovignette, mais des violations des règles relatives aux temps de conduite et de repos, des chargements mal sécurisés ou des véhicules en surcharge ont également été régulièrement constatés. L’état des camions a lui aussi parfois attiré l’attention : des pneus défectueux ou d’autres éléments exposés à l’usure devraient être contrôlés plus attentivement par les chauffeurs.

Ce pneu n’a plus sa place sur la route. Pourtant, des pneus dans cet état sont encore régulièrement constatés.
Ce pneu n’a plus sa place sur la route. Pourtant, des pneus dans cet état sont encore régulièrement constatés.
© Douanes et Accices Lëtzebuerg

Sensibilisation et travail porteur de sens

L’inspecteur Jeroen Schaus a rejoint les douanes en 1991, donc avant la signature des accords de Schengen en 1993. À l’époque, l’évolution future du rôle des douanes n'était pas encore très claire. Au fil du temps, toutefois, de plus en plus de missions se sont ajoutées. Pour lui, il est rapidement devenu évident qu’il souhaitait s’engager au sein de la brigade Transport, car le travail sur le terrain et les contrôles des camions l’intéressaient tout particulièrement.

Jeroen Schaus (à droite) et Marco Cardinali (à gauche) travaillent depuis de nombreuses années aux douanes. Pour eux, la sécurité routière est d’une importance capitale.
Jeroen Schaus (à droite) et Marco Cardinali (à gauche) travaillent depuis de nombreuses années aux douanes. Pour eux, la sécurité routière est d’une importance capitale.
© Céline Spithoven

Outre les contrôles sur le réseau routier, Jeroen Schaus considère également une autre mission importante : informer la population. A son avis, de nombreux citoyens ne connaissent toujours pas précisément les règles en matière de trafic transfrontalier, en particulier lorsqu’il s’agit de cigarettes, d’alcool ou encore du transport d’essence.
Au Luxembourg, par exemple, il est permis de transporter au maximum 20 litres d’essence dans un bidon homologué, car il s’agit d’une substance dangereuse et hautement inflammable. Les cigarettes sont également très prisées : un maximum de 800 unités par personne est autorisé. D’après le douanier, il est donc essentiel que les gens s’informent correctement afin d’éviter des problèmes lors des contrôles.

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