
Le parti d’Orbán, le Fidesz, a fait l’objet d’accusations de corruption et, "je pense qu’après 16 ans, une certaine lassitude à son égard s’était aussi installée en Hongrie", a déclaré lundi sur RTL Fernand Kartheiser.
Lundi matin, l’eurodéputé ADR a une nouvelle fois défendu le dialogue avec Moscou. Tous les autres acteurs, les États‑Unis, le Japon et la Chine, dialoguent avec la Russie. "L’Union européenne est actuellement la seule région au monde, la seule, à ne pas avoir de dialogue avec la Russie."
"C'est une situation qui n'est pas tenable à long terme. À l’heure actuelle, l’UE ne dispose d’aucun concept stratégique pour mettre fin à la guerre en Ukraine : ni de stratégie diplomatique, ni de stratégie militaire", a déclaré le député européen. Au sein de l’Union européenne, les avis divergent : le Premier ministre belge a déclaré qu’il faudrait normaliser les relations avec la Russie, tandis que la cheffe de la diplomatie européenne, Kaja Kallas, estime qu’il ne faut en aucun cas dialoguer avec Moscou. Il existe donc une véritable fracture.
Fernand Kartheiser affirme être "le seul" au niveau européen à entretenir un dialogue avec la Russie. "C’est informel, car il n’y a pas de soutien officiel. Mais ce dialogue existe. À l’heure actuelle, il est apprécié du côté russe. J’espère que nous pourrons le poursuivre".
Où l’eurodéputé place‑t‑il la limite entre le dialogue et la légitimation d’un régime qui mène une guerre en Ukraine ? À cette question, Fernand Kartheiser répond que "le dialogue n’a pas pour objectif de trouver immédiatement des solutions diplomatiques. L’essence même de la diplomatie consiste à parler avec tout le monde et à rechercher des compromis." L’autre camp peut bien entendu exploiter cela à des fins de propagande, mais cela ne constitue pas, à ses yeux, un argument pour renoncer au dialogue.
Il affirme n'avoir aucune réticence à ce sujet. Des solutions diplomatiques seraient aussi plus appropriées au Luxembourg, selon lui, que des solutions militaires. Le Grand‑Duché aurait en outre toujours entretenu de bonnes relations avec la Russie.
À la suite de son voyage à Moscou, l’eurodéputé ADR a été exclu du groupe ECR, situé à droite de l’échiquier politique, au Parlement européen. Il dit "ne pas se sentir isolé", précisant qu’il a reçu, en l’espace de deux semaines, deux autres propositions pour rejoindre un autre groupe. Au total, trois offres sont actuellement sur la table, mais il préférerait, pour l’instant, rester indépendant : "je veux justement conserver ma liberté de prendre des initiatives diplomatiques, comme je l’estime juste."
Fernand Kartheiser plaide également pour davantage de souveraineté au sein de l’Union européenne. Si, à l’échelon européen, il n’est pas possible de mener des politiques efficaces ensemble, les États devraient alors pouvoir agir seuls. Il existe toutefois "des domaines dans lesquels ils faut coopérer, notamment l’économie, car à l’échelle mondiale, les pays européens sont sinon trop petits". L’UE devrait en outre reconnaître qu’elle est en déclin, tant sur le plan démographique qu’industriel. "Si nous parlons d’une seule voix, nous avons besoin d’une voix sensée."
Si nous parlons, par exemple, d’énergie fossile, cela ne doit pas se faire de manière idéologique. Les économies européennes dépendent à plus de 80 % des énergies fossiles. Il faudrait "vivre avec cette réalité", selon lui, "au lieu de s’en remettre à des projets comme le Green Deal", qui misent uniquement sur des énergies renouvelables qu'il juge peu fiables et relativement coûteuses.
L’Union européenne impose des sanctions contre la Russie tout en se coupant elle‑même de sources d’énergie, et se heurte en parallèle à des tensions avec l’Iran et au blocage du détroit d’Ormuz. Elle se rendrait ainsi "totalement dépendante des États‑Unis en matière d’approvisionnement énergétique". Une situation qui, selon Fernand Kartheiser, ne serait pas non plus souhaitable.