
Alors que plane l’ultimatum lancé au gouvernement Frieden et une mobilisation sociale d’ampleur à la fin juin de la part du front syndical OGBL-LCGB, et que la “grande table ronde sociale” annoncée par le Premier ministre se fait attendre, les syndicats se rappellent au bon souvenir du ministre du Travail (CSV), Georges Mischo.
C’est à son nez que les syndicats (OGBL, LCGB et CGFP) avaient claqué la porte de la réunion du Comité permanent du travail et de l’emploi (CPTE) pour marquer leur désaccord avec le ministre sur la réforme annoncée des conventions collectives. La réunion du “clash” qui avait donné naissance à un front syndical -peu ordinaire au Luxembourg- entre les deux plus grands syndicats du pays, portait sur le plan d’action national visant à transposer un article d’une directive européenne, qui a pour objectif principal de garantir des salaires minimaux adéquats au sein de l’UE.
L’avant-projet du plan d’action que proposait le ministre prévoyant qu’à l’avenir les conventions collectives soient négociées au sein des entreprises... sans présence syndicale. De sorte que des salariés individuels non syndiqués pourraient négocier à l’avenir. Un affront pour l’OGBL et le LCGB puisqu’il s’agit tout bonnement pour les deux syndicats représentatifs au niveau national, de l’une de leur raison d’être.
À la veille d’une nouvelle réunion du CPTE qui doit se tenir ce mardi, les syndicats remontent au créneau et exigent qu’”avant toute nouvelle discussion au sein du CPTE”, le gouvernement garantisse “le droit de signature et de négociation de conventions collectives des syndicats ayant la représentativité nationale et à s’engager pour que le contenu des conventions collectives ne soit pas restreint”.
Dans un courrier adressé le 26 février au ministre, les deux syndicats avaient annoncé à Gioerges Mischo qu’ils attendent à ce sujet “un engagement ferme et sans équivoque de sa part”. Mais jusqu’ici les dossiers litigieux, et en particulier la discussion sur une réforme de la loi sur les négociations de conventions collectives, ne figurent pas à l’ordre du jour de mardi.
L‘OGBL et le LCGB demandent également au ministre du Travail que plusieurs dossiers d’actualité soient mis
à l’ordre du jour des prochaines réunions du CPTE.
À commencer par le projet de loi 8479 qui doit permettre d’introduire une demande pour obtenir des indemnités de chômage en ligne. “Ce projet n’a pas été discuté au sein du CPTE alors qu’il entre pleinement dans ses missions légales”, soulignent les syndicats.
Les syndicats demandent que soit aussi discutées la transposition en droit national de la directive européenne sur le travail des plateformes et la mise en œuvre de mesures concrètes pour renforcer le dialogue social conformément à l’article 11 de la Recommandation du Conseil du 12 juin 2023 relative au renforcement du dialogue social dans
l’Union européenne.
Les autres sujets sur lesquels les syndicats souhaitent avancer en CPTE sont la relance de la commission de suivi de l’ADEM, organe à composition tripartite qui a pour objet d’accompagner et d’évaluer l’accomplissement des missions et tâches confiées à l’Agence pour le développement de l’emploi, la nouvelle définition du rôle de l’Inspection du Travail et des Mines (ITM) et la révision de la législation sur le maintien dans l’emploi ainsi que le plan de maintien dans l’emploi et le plan social afin de mieux garantir la sécurité de l’emploi des salariés.
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