
Selon l’enquête du STATEC, l’Institut national de la statistique et des études économiques du Grand-Duché de Luxembourg, la confiance des consommateurs “s’est nettement repliée (au plus bas depuis un an)”, avec des anticipations plus sombres sur la situation économique et leurs finances personnelles. Les attentes d’inflation, elles, “se sont fortement redressées, atteignant leur plus haut niveau depuis septembre 2022”. Dans un contexte où l’énergie reste sous tension et où l’inflation en zone euro remonte à 2,6%, les résidents redoutent un nouveau coup porté à leur portefeuille.
Cette prudence se reflète aussi dans la consommation. Les immatriculations de voitures restent en retrait: le Luxembourg n’a plus dépassé les 50.000 par an depuis la pandémie, et le début 2026 confirme la tendance avec un recul de 1,1% sur un an. Le parc automobile vieillit, signe d’achats reportés et d’un climat économique moins favorable.
Pendant que les ménages se montrent plus frileux, le marché du travail affiche une dynamique contrastée. L’emploi frontalier progresse nettement plus vite que l’emploi national : +2% sur un an au premier trimestre, contre +1,2% pour les résidents. Les frontaliers français tirent la hausse, avec +3,5% sur un an, soit 4.270 salariés supplémentaires. Ils sont particulièrement présents dans le commerce, la finance, les services aux entreprises, mais la plus forte progression concerne la santé et l’action sociale. Les frontaliers belges repartent légèrement à la hausse, tandis que les frontaliers allemands poursuivent leur recul.
Pour les ménages luxembourgeois, l’équation reste délicate: une inflation repartie à la hausse, un moral en baisse et un environnement international instable. À l’inverse, les entreprises et l’emploi frontalier montrent une résilience qui contraste avec l’inquiétude croissante des résidents. Le prochain trimestre dira si cette fracture se creuse ou si les ménages peuvent espérer un apaisement.