
Au cours d’une réunion conjointe des commissions parlementaires des Finances et de l’Exécution budgétaire mardi matin, le ministre des Finances Gilles Roth a fait le point sur la situation actuelle des finances publiques. À l’issue de cette séance, les députés donnaient toutefois l’impression que tout le monde n’avait pas assisté à la même réunion.
Selon une partie de l’opposition, l’état des finances publiques n’est en effet pas aussi bon qu’on pourrait l’espérer. Franz Fayot, député LSAP :
“Nous constatons déjà au mois de mars un déficit de 278 millions d’euros, et cela sur un seul trimestre. Si l’on projette cette évolution, on arrive à un effet ciseaux négatif de plus d’un milliard d’euros.” Cette situation est notamment due au fait que les recettes issues de l’imposition des entreprises sont inférieures à celles de l’année précédente. Diane Adehm, élue CSV, relativise toutefois cette analyse :
“Il y a plusieurs postes pour lesquels les recettes sont inférieures à ce qui était prévu, mais c’est normal et le ministre nous l’a expliqué ce matin. Vous avez parfois de très gros contribuables et cela dépend de quand ils paient leurs impôts, de la date à laquelle ils paient leurs impôts.”
Du côté de l’opposition, les critiques ne portent toutefois pas uniquement sur le niveau plutôt bas des recettes, mais aussi sur le fait qu’en même temps, les dépenses demeurent à un niveau plutôt élevé. Et de citer la fonction publique et la défense, par exemple. À cela, Diane Adehm répond que l’État a des obligations tant en matière de défense que de rémunération des fonctionnaires, d’une part en raison des engagements pris au sein de l’OTAN, et d’autre part en vertu de l’accord salarial dans la fonction publique, qu’il doit respecter.
Mais indépendamment de ces deux aspects, l’opposition estime qu’il existe un potentiel d’économies. Sam Tanson, députée des Verts, remet ainsi en question la réforme fiscale prévue :
"[…] une réforme qui pèsera sur le budget à hauteur d’un milliard d’euros supplémentaires par an. Il faut vraiment se demander si, à ce stade, il est opportun de la mettre en œuvre, au vu de la situation financière actuelle.”
Le ministre des Finances Gilles Roth maintient néanmoins la réforme :
“Elle est prévue pour 2028 et je pars du principe que, d’ici là, l’une ou l’autre tranche indiciaire aura encore été déclenchée et sera alors globalement régularisée dans le barème de l’impôt. “
Cette réforme permettrait également de renforcer le pouvoir d’achat de la population. Les prix élevés des carburants n’ont en revanche qu’un impact limité sur le budget de l’État. Selon Gilles Roth, les recettes de TVA ont augmenté de 8 à 12 millions d’euros au cours des trois premiers mois de l’année.