La voiture électrique pose question"Il ne faut pas prendre les gens pour des imbéciles!"

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L'électromobilité que cherche a imposer le monde politique divise et interroge les automobilistes refroidis par les messages contradictoires comme le montre l'enquête de l'ACL.
© dpa Picture-Alliance via AFP

L’enquête publiée mardi par l’Automobile Club du Luxembourg (ACL) sur les réelles attentes liées à la mobilité de ses membres à moins d’un mois des élections législatives du 8 octobre, a révélé le fossé existant entre ce que devrait devenir la mobilité aux yeux des usagers de la route et ce qu’imaginent les politiques, fixés sur le tout-électrique.

Je ne pensais pas que nos membres rejettent autant l’électromobilité”, s’est étonné Yves Wagner, président de l’ACL face aux 78% de sondés pour lesquels la promotion des carburants alternatifs écoresponsables (carburants synthétiques, hydrogène, biocarburants de 2e générations, etc.) autres que l’électromobilité est “clairement une attente forte”, résume l’ACL.

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Ça montre qu’il ne faut pas prendre les gens pour des imbéciles!”, lance Yves Wagner avant de s’expliquer. À ses yeux, ce rejet de l’électrification à marche forcée est liée au “monde politique, pas seulement luxembourgeois mais aussi européen” qui a “tout basé sur l’électrique -avec notamment l’interdiction des moteurs à combustion en 2035- et les explications fournies sont largement insuffisantes”.

© Maurice Fick / RTL

Il voit bien que les questions posées par les membres de l’ACL (qui comptent 190.000 adhérents) “ne trouvent pas de réponse. Des questions du style: comment évoluent les infrastructures? Est-on vraiment capable d’avoir suffisamment d’infrastructures pour garantir l’électromobilité? Donc nos membres ne comprennent pas comment ça peut fonctionner”. Et qui ne comprend pas, ne se lance pas les yeux fermés.

À la cacophonie sur les ressources en matière premières pour construire les batteries en masse s’est ajouté récemment la voix de la Cour des comptes européenne qui “a exprimé des doutes sérieux sur la faisabilité du tout électrique. L’ACL a toujours préconisé la diversité technologiques. Il faut laisser à la recherche la capacité d’innover. Tout ça a disparu avec l’électrique. Et nos membres comprennent très bien qu’il y a un problème”.

Sur les 611.000 voitures immatriculées au Luxembourg, 19.000 sont 100% électriques, soit 3,1% du parc automobile, relativise pour sa part, Jean-Claude Juchem, directeur de l’ACL. Précisant que “64% des voitures électriques dont détenues par des sociétés, essentiellement à cause d’avantages fiscaux”.

Même si les aides de l’État luxembourgeois pour l’achat d’un véhicule électrique font réfléchir, “il reste une différence de coût de l’ordre de 10.00 à 20.000 euros entre une voiture électrique et thermique. En avril 2024, les subventions prendront fin. Les gens vont réfléchir à deux fois”.

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