Radars, zones 30, bornes électriques, P+R...Que veulent vraiment les automobilistes luxembourgeois?

Maurice Fick
L'ACL révèle ce mardi à travers une enquête que les attentes de ses membres sont complètement décalées de ce que proposent les candidats. Gros malaise sur la mobilité juste avant les élections législatives.
© Dan Gold / Unsplash / Domaine public

C’est une enquête en forme de pavé dans la marre que jette sur la table du débat électoral ce mardi l’Automobile Club du Luxembourg (ACL), qui pèse tout de même 190.000 membres au Luxembourg et dans la Grande Région. Autant dire, un gros paquet d’électeurs.

Une enquête réalisée en mai, à laquelle ont participé 6.742 membres (c’est énorme au Luxembourg) et qui à de quoi inquiéter tous les partis politiques en lice pour les élections du 8 octobre, tant le décalage est grand entre ce que devrait devenir la mobilité aux yeux des usagers de la route et le chemin du tout électrique que prônent les politiques.

De manière générale, 94% des sondés, soit la quasi-unanimité des membres, pensent que les décideurs politiques “devraient accorder plus d’importance aux problèmes de mobilité” et six sur dix disent que l’importance accordée à la mobilité influencera “absolument” ou “probablement” leur vote.

C’est intéressant d’observer que les préoccupations de nos membres ne sont pas reflétées dans les programmes des candidats. On a l’impression que les deux vivent dans deux mondes différents! Ce qui est extrêmement triste”, note Yves Wagner, le président de l’ACL.

Ce que veulent avant tout les automobilistes

La mise en place de capacités de stationnement P+R supplémentaires est la mesure-phare qui a recueilli le pus de suffrages (86%) de la part des automobilistes.

Autre attente forte des sondés: 78% pensent que l’accent devrait davantage être mis sur les questions liées à la sensibilisation, l’information et la formation des usagers de la route et comptent sur l’ACL pour porter leur voix.

Le président de l’ACL s’est montré étonné par l’attente très forte des membres de l’ACL (78%) qui sont pour la promotion d’alternatives écoresponsables, autres que l’électromobilité! On entend par là, les carburants synthétiques, l’hydrogène, les biocarburants de 2e générations, etc.

C’est une agréable surprise aux yeux de Jean-Claude Juchem, directeur de l’ACL: les membres de l’ACL se prononcent à 75% pour le développement d’offres supplémentaires de transport public pour que le trafic soit plus fluide sur les routes luxembourgeoises. D’autant que 80% des sondés sont des automobilistes et piétons (63%) qui disent pour 31% d’entre eux utiliser “souvent”, voire “très souvent” les transports publics.

Les membres de l’ACL ce sont aussi très clairement prononcés pour le développement conséquent du télétravail (62%), mais aussi, dans une mesure moindre, le soutien du covoiturage (55%).

Cette nouvelle enquête montre surtout que les gens “aimeraient une diversification de la mobilité et de l’énergie” et de manière plus terre-à-terre qu’ils veulent “continuer à prendre leur voiture”, résume Jean-Claude Juchem.

Ce que veulent les politiques, mais pas nécessairement les automobilistes

Contrairement au discours politique ou aux propositions qui apparaissent dans les programmes électoraux, les membres de l’ACL ne sont pas majoritairement favorables à toute une série de projets qui touchent à la mobilité.

Les gens en ont manifestement marre de la politique de répression” menée au fil des dernières années, note Yves Wagner.

Les gens en ont marre des radars, tout comme des zones 30 km/h. Ça suffit!”, lance le président de l’ACL qui n’invente rien, mais s’appuie sur les chiffres de l’enquête: seuls 48% des membres de l’ACL pensent qu’il faudrait augmenter encore le nombre de radars sur les axes dangereux au Luxembourg. Et seuls 46% voudraient que se généralisent les “zones 30" dans les localités ou quartiers d’habitation.

Le développement de l’électromobilité ne va pas de soit, mais reste un sujet clivant puisque moins de la moitié des usagers de la route adhèrent à cette dynamique. Seuls 41% des répondants estiment que les investissements publics dans les infrastructures pour l’électromobilité devraient être revus à la hausse.

La généralisation de l‘installation de bornes de chargement pour toute nouvelle construction ne recueille que 47 % des suffrages. L’augmentation des aides financières de l’État pour installer des bornes ne recueille que la moitié des avais favorables.

Seuls 46% sont d’accord d’investir davantage dans les infrastructures pour vélo.

Enfin, quatre automobilistes sur dix sont d’accord pour généraliser le principe du pollueur-payeur. C’est-à-dire de taxer davantage les consommations et émissions de CO2.

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