Mobbing ASBLLe harcèlement au travail "a des répercussions sur la vie privée et la santé"

Dany Rasqué
adapté pour RTL Infos
Le harcèlement moral sur le lieu de travail détruit la vie et peut, dans le pire des cas, avoir des conséquences mortelles. C’est une expérience que l’association Mobbing ASBL fait régulièrement.
© Envato Ijeab

La responsable d’un restaurant italien à Grosbous organisait mardi une soirée d’information sur le harcèlement moral au travail en collaboration avec l’ASBL. L’année dernière, elle a reçu une aide financière grâce à un appel aux dons et souhaitait offrir quelque chose en retour, d’autant plus qu’elle a elle‑même constaté l’impact que peuvent avoir des remarques blessantes sur une personne.

Athénaïs Altamuro n’a pas seulement reçu de l’aide, elle a aussi été attaquée sur les réseaux sociaux. A certains moments, elle s’est demandé comment réagiraient des personnes peut‑être moins fortes ou moins soutenues qu’elle ne l’a été. C’est pourquoi elle s’est associée à Mobbing ASBL, qui se consacre exclusivement au harcèlement au travail, et l’a invitée à Grosbous. Interviewé par RTL, Luis Viçoso, psychologue clinicien et directeur de l’ASBL, a expliqué, entre autres, ce que le harcèlement au travail peut provoquer chez une personne.

Cela a des répercussions sur la vie privée et sur la santé. Le harcèlement moral a des conséquences sur le sommeil des personnes concernées. Elles ont souvent des difficultés à dormir, à manger, ressentent de l’anxiété, rencontrent des problèmes dans leur couple ou leur famille. Elles peuvent également développer une consommation problématique de drogues, d’alcool ou de café, et elles ne prennent plus plaisir aux activités qu’elles appréciaient auparavant. Le harcèlement a en fait un effet dépressif sur les personnes concernées.

L’ASBL Mobbing a ouvert 61 dossiers l’année dernière. 19 personnes ayant eu besoin d’un accompagnement psychologique, ont rempli un questionnaire scientifique, et il est apparu que près d’une personne sur deux avait eu des pensées suicidaires. Dans un tiers des cas, ces pensées étaient même liées à un plan concret. Le harcèlement au travail commence le plus souvent par un conflit, explique Luis Viçoso, fort de son expérience. De ce conflit peut ensuite naître le harcèlement. Pour parler de mobbing, quatre critères doivent être réunis : il doit s’agir d’attaques personnelles, répétées de manière systématique, de plus en plus graves et s’étendant sur une certaine durée. Mais même lorsque tous ces critères ne sont pas remplis, le harcèlement moral ressenti est tout aussi difficile à vivre pour les personnes concernées, souligne le psychologue clinicien.

Dans le cas de Thomas Sollinger, les quatre critères étaient remplis. Le juriste possède une grande expérience, ayant déjà travaillé en Europe de l’Est et en Grande-Bretagne, avant de venir au Luxembourg où il avait accepté un poste dans le secteur financier. Il s’est retrouvé avec un supérieur qui, comme il le dit, ne savait pas gérer les personnalités fortes ni les collaborateurs expérimentés. La personne qui occupait le poste avant lui aurait également été poussée vers la sortie par le harcèlement moral.

Il y a deux possibilités qui peuvent arriver lorsqu’on se retrouve dans une telle situation. Soit on est brisé, on n’ose plus rien et on perd toute confiance en soi, soit, comme dans mon cas, c’est plutôt que je sais ce dont je suis capable, je sais ce que je peux réaliser, et j’ai pu évaluer la situation en comprenant que cela n’avait rien à voir avec une quelconque faute de ma part. Mais c’est cette personne qui avait un problème, et j’étais la victime. Mais je refuse de me considérer comme une victime, je veux continuer à travailler. J’ai trouvé un autre poste. “

Mais avant de trouver une nouvelle opportunité, Thomas Sollinger a quand même été licencié. Il était encore en période d’essai et, bien que la délégation du personnel ait confirmé qu’il s’agissait de harcèlement moral, il a dû partir. A toute personne qui soupçonne un cas de harcèlement, Luis Viçoso recommande vivement de documenter précisément les attaques dont elle est victime.

Il faut commencer à noter tout ce qui se passe  : le jour où cela s’est produit, si c’était en public ou non, ce que l’autre personne a dit et comment elle l’a dit.

Ce rapport est utile lorsqu’on cherche de l’aide, et il ne faut surtout pas hésiter à en demander, conseille le psychologue clinicien et directeur de Mobbing ASBL. Il ne faut pas hésiter ni essayer de supporter la situation, et ne jamais perdre espoir. “Il y a une vie après”, souligne Luis Viçoso.

Les personnes qui ont besoin d’aide sont les bienvenues chez Luis Viçoso et son équipe. Le numéro de téléphone, l’adresse e-mail et de nombreuses autres informations sont disponibles sur le site mobbingasbl.lu.

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