
Mardi, un accident mortel s’est produit dans une salle d’escalade à Soleuvre. Même si les circonstances exactes n’ont pas encore été clarifiées, cet accident tragique a rappelé à Gilles Gardula la gravité des blessures qu’il avait subies il y a six mois lors d’une session d’escalade à Esch-Lallange. Il s’engage désormais pour que de tels accidents graves ne se reproduisent plus à l’avenir. La commune d’Esch souhaite également renforcer les mesures de sécurité, mais ce n'est pas bien perçu par le club d’escalade local.
Il a certes encore des problèmes d’audition à une oreille et il ne sent pratiquement plus rien, mais Gilles Gardula est heureux d’être encore en vie. Lors de son accident, alors qu’il grimpait avec ses deux filles, il est tombé en arrière sur la tête, son crâne s'est fissuré à plusieurs endroits.
Gilles Gardula ne souhaite plus vraiment s’exprimer sur les circonstances précises de l’accident, car il ne veut pointer personne du doigt, mais plutôt tourner la page et aller de l’avant. Pour lui, l’essentiel est avant tout d’améliorer la sécurité dans l’escalade. Il cite des mesures concrètes comme le port obligatoire du casque, ainsi que le port de gants pour la personne qui assure au sol. Mais il faudrait aller encore plus loin :
"Faire une sorte de 'code de la route', comme pour une coupe scolaire, où l’on apprend à bien faire les choses et où l’on obtient en quelque sorte un permis attestant que l’on a acquis ces compétences. Un expert qui puisse créer des pictogrammes, un peu comme sur la route, où il est signalé ce qui est autorisé, ou comme sur une aire de jeux(...)."
Un autre problème majeur serait également l’absence de cadre légal définissant les responsabilités.
La question de la responsabilité est d’ailleurs la raison pour laquelle, six mois après l’accident dans la salle de sport de Lallange, il n’est toujours pas permis d’y pratiquer l’escalade. Après l’accident, la commune a décidé de renforcer les mesures de sécurité. Entre-temps, une convention appropriée a été élaborée en collaboration avec la fédération d’escalade. L’échevin aux sports d’Esch, André Zwally, cite quelques points essentiels :
"Nous disons à chacun, avant de laisser des gens accéder au mur, il faut savoir que sa responsabilité est engagée. Et il y a alors certains éléments qui doivent simplement être appliqués plus strictement, notamment le contrôle lui-même, ce qu'ils font sans doute déjà, les voies qu'ils proposent, en lien avec les points d'ancrage à différentes hauteurs, (...)."
La commune veille également à ce que la zone autour du mur d’escalade soit sécurisée. En effet, il ne s’agit pas d’un mur d'escalade classique sur une paroi, mais d’une structure autonome située dans l’entrée de la salle de sport, autour de laquelle il est possible de circuler.
La commune affirme avoir envoyé la convention mi-avril par courrier au club d’escalade local ClimbX, mais celui-ci indique ne rien avoir reçu jusqu’à présent. L'interview a toutefois permis de rattraper le coup. Après un premier examen du document, le président de ClimbX, Tom Wecker, envisage de chercher une autre salle :
"La question est de savoir si nous voulons continuer ici. L’escalade, ce n’est pas seulement l’escalade avec corde, il y a aussi l'escalade de bloc. Bien sûr, l’escalade avec corde fait aussi partie des disciplines olympiques, ce qui signifie qu’il faut disposer d’une infrastructure adaptée. Le problème est de savoir si cette convention permet d’éviter que s'il arrive de nouveau quelque-chose, la salle ferme pendant six mois. Dans ces conditions, on ne peut pas s’entraîner. "
Tom Wecker se montre ouvert à des mesures de sécurité plus strictes, par exemple rendre le port du casque obligatoire ou installer des matelas au sol, mais il souligne en même temps que cela ne permettrait pas d’éviter tous les accidents. Des erreurs peuvent toujours se produire. Il existe de nombreuses raisons aux accidents en escalade, l’une d’elles étant que le nombre de pratiquants a fortement augmenté au cours des dix dernières années.