Ce dimanche à SerémangeUn spectacle pour les enfants de Gaza

Jérôme Didelot
39.000 orphelins vivent actuellement dans la bande de Gaza. L'association HuSoMe, présidée par le médecin humanitaire Raphaël Pitti, vous donne rendez-vous ce dimanche pour les soutenir.

Après la Syrie et l’Ukraine, l’association HuSoMe, fondée à Metz par le médecin humanitaire Raphaël Pitti, s’est engagée à Gaza en 2024. Afin de récolter des fonds pour entretenir un orphelinat, l’ONG organise un événement caritatif le 15 février prochain au Théâtre municipal de Serémange-Erzange, une lecture de Marc Olenine, un spectacle mêlant musique et danse avec au programme le groupe Troïka (musique des Balkans), une performance de Lukas Abdul avant l’orchestre Moussafir en clôture.

Le kilo de farine coûte 70 $

Raphaël Pitti, qui au même titre que les journalistes ou beaucoup de personnel humanitaire ne peut plus se rendre dans la bande de Gaza, a toutefois eu la possibilité de mettre en place une équipe pour encadrer des enfants livrés à eux-mêmes : “Nous avons ouvert un orphelinat qui recueille des enfants qui ont été totalement abandonnés. Ce sont des enfants qui sont les seuls survivants de leur famille et qui, à un moment donné où il n’y avait plus de nourriture qui entrait à l’intérieur de Gaza, ces enfants se sont retrouvés isolés avec des marmites, etc. Essayant par eux-mêmes de survivre dans cette situation-là. Nous en avons accueilli 33. Il y en a quatre qui vont bientôt les rejoindre.

À l’heure où Donald Trump a coupé les aides à USAID et où même la France est à la peine puisque son budget 2026 inclut des coupes dans l’Aide au développement, les ONG comme celle de Raphaël Pitti se retrouvent dans l’obligation de faire appel à la société civile : “Bien évidemment, cela a un coût pour nous. La vie est très chère à Gaza en ce moment. Le kilo de farine coûte 70 $. Il y a donc une incidence financière qui est très importante. Nous avons besoin de fonds.

“Nous avons un devoir éthique de dénoncer, surtout quand les journalistes ne sont pas là”

La situation est dramatique à Gaza, poursuit le médecin humanitaire. Il y a plus d’un million de personnes qui vivent sous tente. Leur habitat a été totalement détruit. Il y a eu un ‘urbanicide’ très important. Il y a eu aussi les terrains agricoles qui ont été détruits. Beaucoup d’hôpitaux sont dans une situation où l’organisation sanitaire s’est effondrée.

En mai 2025, Raphaël Pitti avait marqué les esprits dans l’émission “Quelle époque !” sur France 2, décrivant la situation à Gaza avec les yeux d’un humanitaire, au-dessus de tout soupçon de récupération politique : “Notre position est très claire. Notre position est une position de neutralité et de protection des populations vis-à-vis et en rapport avec le droit humanitaire international. Ce droit dit quoi ? Il dit que ces populations dans les situations de conflit doivent être protégées. Ces populations ne peuvent pas être déplacées, ces populations ne doivent pas être affamées. On ne doit pas détruire les hôpitaux, on ne doit pas détruire les centres cultuels et les centres culturels. Et donc nous nous positionnons, et c’est normal en tant qu’humanitaires, nous dénonçons justement le fait que ce droit humanitaire n’est pas respecté.

À ce jour, le gouvernement israélien maintient des obstacles entravant la capacité de l’ONU et des ONG à acheminer l’aide humanitaire. Le 4 février dernier, un porte-conteneur transportant près de 400 tonnes d’aide alimentaire envoyée par la France est arrivé sur les côtes égyptiennes. Le Programme alimentaire mondial (PAM) doit l’acheminer dans la bande de Gaza. Mais tout reste compliqué.

Le fait de témoigner, c’est une obligation en même temps de l’action humanitaire, insiste Raphaël Pitti. Témoigner des crimes que nous voyons, des crimes de guerre, des crimes contre l’humanité. C’est la même chose qu’un médecin qui se retrouve dans son cabinet, qui voit entrer une femme qui est violentée par son mari ou un enfant qui l’est. Il a une obligation éthique de dénoncer cette violence contre ces personnes qui sont des personnes vulnérables. Eh bien au niveau humanitaire, c’est la même chose. Nous avons un devoir éthique de dénoncer, surtout quand les journalistes ne sont pas là, de dénoncer à la place ce qui se passe.

Rendez-vous au Théâtre municipal de Serémange le 15 février. Prix d’entrée : 20 euros.

© HuSoMe

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