Une première à NancyDes médecins ukrainiens formés dans un hôpital virtuel

Jérôme Didelot
Nancy dispose d’un hôpital virtuel parmi les plus évolués de France. Des médecins ukrainiens ont pu en profiter au mois de janvier.

C’était la toute première session de formation à la pédagogie par simulation organisée dans le cadre d’un partenariat entre l’Université médicale de Lviv en Ukraine et l’Université de Lorraine. Cela sous l’impulsion de l’incontournable Raphaël Pitti, médecin humanitaire actif sur tous les fronts avec son association HuSoMe.

Ils étaient sept professeurs en médecine, en provenance de Lviv en Ukraine, fin janvier à l’hôpital virtuel de la faculté de Médecine, Maïeutique et métiers de la Santé de Nancy pour suivre une formation à la pédagogie par simulation, véritable innovation pour les professionnels de santé.

Ce centre, c’est une des forces de Nancy et de la région, nous a confié la professeure Nicla Settembre, chirurgien vasculaire au CHRU. C’est le seul centre en France à être accrédité au niveau européen ‘NASCE’ (réseau de centres de compétences cliniques accrédités en Europe - NDLR) et ça nous permet effectivement de pouvoir démontrer une certaine excellence de ce centre au niveau régional et national.

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“Nous savions la manière dont ils procédaient en Syrie, la terreur dans laquelle ils mettaient les populations”

On ne pouvait pas mieux trouver pour faire venir les Ukrainiens ici”, renchérit Raphaël Pitti. C’est lui, le spécialiste de la médecine de guerre, qui est à l’origine du partenariat entre l’Université médicale de Lviv en Ukraine et l’Université de Lorraine. Son ONG basée à Metz, HuSoMe, a créé deux centres de formation à Lviv et à Kharkiv, à 35 km de la frontière russe : “C’est un peu le propre de notre ONG. Nous l’avons fait pendant dix ans en Syrie, où nous avons formé plus de 34.000 personnes et mis plus de quatre centres de formation en place. Et en 2022, dès lors qu’il s’est agi d’une attaque par les Russes que nous avons connus et nous savions la manière dont ils procédaient en Syrie, la terreur dans laquelle ils mettaient les populations en les bombardant, en les assiégeant, en coupant l’eau, l’électricité, les bombardements, l’utilisation d’armes de toutes sortes, même celles qui étaient interdites, etc. Forts de cette expérience que nous avions tirée en Syrie, nous sommes allés en Ukraine parce que nous savions que les Russes procéderaient de la même façon.

Nataliia Drobinska, professeure associée à l’Université médicale de Lviv en Ukraine, mesure sa chance : “Nous nous sentons très chanceux d’être invités dans ce pays. C’est une très grande opportunité pour moi car cela m’offre la possibilité de découvrir quelque chose de nouveau et d’avoir une nouvelle expérience.”

Son collègue Volodymyr Marina, lui aussi professeur associé à l’Université médicale de Lviv, est plus grave encore : “En un mot, je décrirais cela par : Responsabilité. La situation est très dure dans notre pays et chacun fait ce qu’il peut.”

Et ce partenariat ne fait que commencer, il aboutira sur la construction d’un futur centre qui sera créé à Lviv, se félicite Nicla Settembre : “Aujourd’hui, on est honorés d’aider nos amis ukrainiens dans une formation de formateurs à la simulation. Dans cette situation difficile de guerre, on a pensé qu’on pouvait apporter quelque chose par la formation de nos amis qui sont en grande difficulté et qui se sont retrouvés à devoir former, à devoir accueillir énormément de blessés. On a besoin de former des gens à de nouveaux besoins, qui sont les besoins de guerre. Et ce n’est pas forcément la médecine civile qu’on a l’habitude de pratiquer.”

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