Reportage exclusifRobert Pirès, itinéraire d’une légende du FC Metz

Jérôme Didelot
En prélude au jubilé du joueur qui a fait les beaux jours du FC Metz dans les années 90, RTL Infos revient sur sa carrière en compagnie de plusieurs de ses protagonistes clés.

Le monde grenat est très sensible à ton choix de faire le jubilé à Metz”... C’est presque la larme à l'œil que Carlo Molinari, président mythique du FC Metz de 1967 à 2009, s’adresse au joueur qu’il a lancé dans le grand bain il y a quelque 35 ans, dans un message vidéo.

En avril dernier, le “peuple grenat” apprenait que le champion du monde 1998, passé par Arsenal ou Villarreal, avait décidé d’organiser son jubilé dans la ville où il a fait ses débuts comme professionnel. Ce sera le mardi 6 octobre au stade Saint-Symphorien à Metz. Une reconnaissance qui n’a pas surpris ceux qui ont fréquenté le surdoué qui restera un authentique “gentleman” du football.

Car Robert Pirès sait ce qu’il doit au club qui l’a accueilli alors qu’il n’avait que 18 ans, en provenance d’un stade de Reims en plein dépôt de bilan. Joël Muller, l’entraîneur de l’époque, se souvient : “Je l'ai vu à l'entraînement avec Philippe Hinschberger qui était responsable du centre de formation à ce moment-là [...] Ce qui est sûr, c'est qu'un joueur qui arrive dans l'équipe professionnelle, à l'entraînement, tout de suite, on voit ses capacités techniques, ses capacités d'adaptation. On a l'impression qu'il est dans le groupe depuis des dizaines et des dizaines de mois. Et en fait, il est là depuis quelques jours. Mais il trouve tout de suite ses marques, ses relations avec ses partenaires. Il n’a aucun problème de pression, de tension. Donc il est libéré.”

Joël Muller, entraîneur du FC Metz de 1989 à 2001 puis de 2005 à 2006.
Joël Muller, entraîneur du FC Metz de 1989-2001 puis de 2005 à 2006.
© RTL

“Le meilleur avec lequel j’ai joué”

Pour ses partenaires, la rumeur devient vite un fait avéré : l’équipe compte désormais une pépite. Même le déjà expérimenté à l'époque Sylvain Kastendeuch se rend à l'évidence : “Je découvre Robert Pirès dans le vestiaire et puis après, très vite, à l'entraînement. Carlo m'avait dit : Écoute Sylvain, là, on a vraiment une pépite, un joueur qui va certainement faire une carrière exceptionnelle. Quand on est un peu expérimenté, on a déjà entendu ce discours plein de fois et ça ne correspond pas forcément à la vérité. Mais là, il faut dire que Carlo ne s'était pas trompé [...] Je n’en ai pas côtoyé beaucoup de ce niveau-là. J'ai été un peu en équipe de France, neuf sélections, mais je pense vraiment que, pour l'avoir côtoyé quatre ans en club, tous les jours, ça a été le meilleur avec lequel j’ai joué.

Cyril Serredszum, désormais entraîneur adjoint de l’équipe réserve messine, était également aux premières loges : “On a récupéré un jeune prometteur. On ne savait pas du tout à quoi il pouvait ressembler. Et dès le premier entraînement avec les pros, on a vite compris qu'on allait avoir du lourd, voire du très lourd.”

Jeff Strasser, actuel sélectionneur national du Luxembourg, joueur du FC Metz de1993 à 1999 puis de 2007 à 2009.
Jeff Strasser, actuel sélectionneur national du Luxembourg, joueur du FC Metz de1993 à 1999 puis de 2007 à 2009.
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L’annonce du jubilé de Pirès à Metz a dû faire un heureux du côté du Luxembourg. Car le sélectionneur des Lions Rouges, Jeff Strasser, a terminé sa formation en même temps que le futur champion du monde sous le maillot grenat : “Il était un peu comme nous tous, on arrivait jeune au centre de formation. On a appris aussi la vie à l'intérieur du groupe. Pour s'habituer à la vie réelle, il a eu quelques problèmes. Il fallait notamment lui apprendre un peu comment faire à manger. Il y a des anecdotes assez marrantes… Beaucoup de qualités sur le terrain mais il a fallu apprendre beaucoup de choses en dehors du terrain.”

Jeff Strasser le classe au rang des joueurs “hors norme” qu’il a côtoyés, dans la catégorie des Mario Basler ou Youri Djorkaeff, avec lequel Pirès a d'ailleurs remporté la Coupe du monde 1998.

Reportage du 29 octobre 1996. Le FC Metz se déplaçait à Lisbonne pour affronter le Sporting Portugal en coupe d'Europe. Robert Pirès, qui fêtait ses 23 ans ce jour-là, y a retrouvé une partie de sa famille portugaise.

“C'est le fils que chacun d'entre nous aurait pu souhaiter”

En club ou en sélection, Robert Pirès va enchaîner les trophées et les performances. Il quitte Metz en 1998, vice-champion de France derrière Lens, qui ne doit son titre qu'à une meilleure différence de buts. Robert Pirès deviendra champion du monde avec les l'équipe de France la même année, puis champion d’Europe deux ans plus tard. L’ailier aux 14 buts en 79 sélections avec les Bleus, remportera également deux titres de champion d’Angleterre avec Arsenal en 2002 et 2004. Mais derrière la star du foot se cache une personne aux grandes qualités humaines, comme le souligne Carlo Molinari : “C’est un garçon très attachant. Comme je disais toujours, c'est le gendre ou le fils que chacun d'entre nous aurait pu souhaiter parce que c'est quelqu'un qui est ouvert, qui est disponible. Il m'a été donné de fréquenter ses parents [...] ça m'a permis de comprendre pourquoi Robert était quelqu'un d'ouvert, sympathique et disponible. En connaissant ses parents, je me suis dit que c'était un trait familial, ils étaient tous comme ça dans la famille.”

En 2026, Robert Pirès a décidé de faire un dernier cadeau au club qui a vu son talent se révéler. C’est au stade Saint-Symphorien que le joueur a choisi d'organiser son jubilé, 10 ans après avoir mis un terme à sa carrière.

Je n'ai pas été étonné dans la mesure où je connais son attachement à Metz, avoue Carlo Molinari. C'est quelqu'un qui aurait pu choisir Arsenal [...] Son souci, c'était de dire : Je vais à Metz parce que je suis reconnaissant à la ville, aux dirigeants messins et à tout ce que la ville m'a apporté au départ.

L’événement aura lieu le mardi 6 octobre 2026, informations et billetterie sont accessibles sur le site du FC Metz.

© FC Metz

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