La première chose qui nous frappe lorsque nous arrivons dans cette salle de classe du lycée Vauban c'est l'enthousiasme des lycéens.
Tous viennent sur leur temps libre dans ce laboratoire d'innovations pour peaufiner leur projet : pour les uns, un robot humanoïde, pour les autres un sabre laser rétractable ou une réplique du personnage de Star Wars R2D2.
L’initiative Makerspace, lancée il y a quelques années dans plusieurs lycées du Luxembourg, veut renouveler les pratiques pédagogiques en misant sur l’apprentissage par le projet et la culture du "faire".
Pensé comme un atelier ouvert, un espace dédié à la créativité et à l’expérimentation, le Makerspace de Vauban permet aux élèves de passer de l’idée à la réalisation concrète. Ici, ils apprennent en expérimentant, en se trompant et en recommençant. Leur atelier est équipé d'outils technologiques dernier cri : imprimantes 3D, découpe laser...
Contrairement à un cours traditionnel, le Makerspace encourage l’autonomie et la collaboration entre élèves de niveaux différents. L'idée est bien de promouvoir la créativité, l'esprit d'équipe et préparer les jeunes aux défis du monde digital.
Au-delà de l’aspect technique, le makerspace vise à développer des compétences transversales prisées dans le monde professionnel : esprit critique, créativité, résolution de problèmes et travail en équipe. "Les élèves apprennent à gérer un projet de A à Z ", souligne Jérôme Metzler, professeur de Physique Chimie au lycée Vauban.
L’intérêt pédagogique d’un tel projet, "c’est d’apprendre aux élèves à travailler sur un projet avec des deadlines à respecter, à gérer du matériel et à travailler en équipe".
L’élève devient donc acteur de son apprentissage.

Léon nous explique avec fierté comment il a relevé le défi de construire un drone dont tous les composants, capteurs inclus, tiennent dans le volume d’une canette pour participer au concours CanSat organisé par l'ESA, l’Agence spatiale européenne.
Côme et ses copains s'activent sur leur drôle de robot censé lutter contre les feux de forêt. Leur invention doit être prête en octobre prochain. Mais ils ont une sacrée motivation puisqu'ils vont représenter le Luxembourg au First Global Challenge, une compétition mondiale de robotique qui les mènera en Corée du Sud.
Le projet a sans doute permis à Côme de trouver sa vocation puisqu'il nous a confié vouloir s’orienter "vers la robotique ou peut-être l’informatique".
Noé s’est appuyé sur des plans "open source" mis en ligne par un ingénieur français pour concevoir son robot humanoïde. Nella et Dominika, toutes deux fans de l'univers Star Wars, ont eu l'idée de fabriquer un sabre laser "et pas juste un bâton lumineux", mais un sabre entièrement rétractable dans son manche.
Le projet était ambitieux, mais le jour de notre tournage, une casse de dernière minute les empêche de nous présenter leur invention en action. Dominika n’a "absolument pas regretté" de s’être engagée dans l’aventure, parlant d’une expérience "très, très enrichissante".
Nella confirme cet impact positif : "On est quand même très satisfaites de ce qu’on a pu produire, parce que ça nous a permis de vraiment découvrir plein de nouvelles techniques."
L’initiative rencontre un écho particulier auprès d’élèves qui peinent parfois à s’épanouir dans un cadre purement académique. Le makerspace offre une autre porte d’entrée vers les savoirs, en valorisant des compétences souvent moins visibles en classe.
Le projet pédagogique favorise également l’entraide : les élèves expérimentés accompagnent les débutants, renforçant l’esprit de communauté au sein de l’établissement. Et "le rapport entre élèves et professeurs change complètement" nous explique Jérôme Metzler, l'un des professeurs derrière le projet.
Selon lui, cette expérience transforme les lycéens. "Les élèves gagnent complètement en autonomie" explique-t-il avant de conclure : "Le Makerspace est devenu l'un des lieux les plus vivant du lycée".