
Le gouvernement ne voit pas d’un bon œil l’idée d’introduire une vignette sur les autoroutes et les routes nationales belges, a déclaré la ministre de la Mobilité, Yuriko Backes, mercredi dans une interview accordée à RTL. Les trois régions belges, qui constituent l'échelon institutionnel compétent pour l'entretien des grands axes routiers du pays, se sont mises d’accord pour introduire, à partir du 1er mai 2027, une vignette numérique pour les véhicules de moins de 3,5 tonnes.
La vignette serait tarifée en fonction du modèle du véhicule et de sa durée de validité. Cinq options de durée et trois catégories de véhicules sont prévues : la vignette serait moins chère pour les voitures électriques, un plus coûteuse pour les véhicules à moteur thermique et encore davantage pour les voitures datant d’avant 2005. Comme l’Allemagne a vu son projet de péage rejeté par la Cour de justice de l’Union européenne en 2019, les régions belges ont l’intention d’appliquer cette vignette à tout le monde, et pas uniquement aux non-résidents.
Toutefois, un mécanisme devrait être mis en place pour les résidents belges afin de neutraliser cette taxe supplémentaire. Yuriko Backes ne sous-estime pas l’ingéniosité des Belges pour trouver un moyen d’introduire une vignette. Cependant, si les résidents belges bénéficiaient d’une exonération, cela pourrait constituer une forme de discrimination, selon la ministre.
Yuriko Backes craint un impact négatif sur la mobilité transfrontalière, que ce soit pour les travailleurs, les étudiants ou les entreprises. Européenne convaincue, la ministre dit trouver cela "triste". Elle a indiqué que le ministre fédéral belge Jean‑Luc Crucke partageait également ce point de vue. Elle n’a toutefois pas encore été contactée par les représentants des trois régions belges, bien que Jean‑Luc Crucke leur ait demandé de le faire.
Elle a également évoqué la phase de consultation qui va s’ouvrir. La ministre de la Mobilité souhaiterait savoir si les régions belges ont réalisé des études sur les conséquences sociales, économiques et écologiques d’une telle vignette. Elle s’interroge aussi sur son impact en matière de sécurité routière, car elle présume que de nombreux automobilistes chercheront à éviter la vignette en empruntant des itinéraires alternatifs, c'est-à-dire des routes secondaires.
Yuriko Backes a par ailleurs déjà pris contact avec ses homologues français, allemand et néerlandais. Dès que les textes législatifs seront connus dans le détail, les prochaines étapes seront examinées et décidées.