C’est ce qu’a déclaré vendredi matin Jean-Luc de Matteis, secrétaire central de l’OGBL, à propos d’ArcelorMittal.
Le géant de l’acier étudie actuellement la délocalisation de 1.150 emplois du Luxembourg vers la Pologne ou l’Inde.
Les nouvelles de la semaine dernière ont préoccupé tout le monde, a déclaré Jean-Luc de Matteis. Cependant, ce chiffre n’est pas définitif. Il s’agit de la portée de l’étude. Elle vise des postes dans les domaines de la finance ou des ressources humaines, qui ne se trouvent pas sur les sites de production. Le syndicaliste reconnaît dans l’approche d’ArcelorMittal la priorité donnée par l’entreprise sidérurgique à la réduction des coûts.
Selon lui, il faut désormais “défendre le modèle luxembourgeois”, en appliquant certaines mesures à la situation: examiner la raison et ce qui pourrait être fait à ce sujet. Au Luxembourg, il existe des instruments pour éviter ou amortir la délocalisation, selon Jean-Luc de Matteis. Il pourrait s’agir d’un “Plan de Maintien dans l’emploi” ou de régimes de retraite anticipée, prévus dans le cadre des accords tripartites.
Depuis octobre dernier, des négociations sont également en cours pour parvenir à un nouvel accord après LUX2025, mais celles-ci sont au point mort.
Comme l’indique la lettre adressée par son syndicat et le LCGB au Premier ministre, Jean-Luc de Matteis a regretté les incohérences entre les déclarations de la direction d’ArcelorMittal et celles des fonctionnaires lors d’une réunion le 4 février.
Entre-temps, le Premier ministre Luc Frieden a confirmé à nos confrères de Radio 100.7 les informations des syndicats selon lesquelles, avant cette réunion au Forum économique mondial de Davos, il avait clairement fait savoir au PDG d’ArcelorMittal, Aditya Mittal, que le gouvernement était opposé aux délocalisations.
Il est important pour l’OGBL que le gouvernement se soit exprimé clairement. Cependant, le syndicat exige désormais que des investissements soient réalisés.
Et pour clarifier les choses, l’OGBL et le LCGB réclament également une réunion tripartite sur l’acier. Le LSAP s’est joint à cette demande.
Mais le ministère d’État s’est contenté de répondre de manière très vague que “les ministres compétents informeront le Conseil de gouvernement de la situation chez Arcelor”. Luc Frieden, à qui la lettre des syndicats était adressée, n’était pas disponible pour une interview ce vendredi.