
Dans son combat contre le glyphosate, le Luxembourg cherche des soutiens. Vendredi, le pays sera à Bruxelles pour voter contre le renouvellement de l’autorisation du glyphosate dans l’UE. Alors que celle-ci expire en fin d’année, la Commission européenne propose de le maintenir dix ans de plus, jusqu’au 15 décembre 2033.
Ce texte sur la substance classée “cancérogène probable” par l’OMS sera discuté à partir de jeudi et fera vendredi l’objet d’un vote formel des États membres, qui peuvent l’adopter à la majorité qualifiée.
Le Luxembourg votera contre ce texte. Il avait été le premier à interdire le glyphosate sur son territoire en 2021 avant d’être forcé à le réautoriser par une décision de justice cette année. L’Autriche également. C’est désormais la position de la France, première puissance agricole de l’UE et premier bénéficiaire de la politique agricole commune, qui est attendue.
“Il y a toujours des négociations qui sont en cours et la France pèse de tout son poids pour que la copie européenne puisse tenir compte des remarques françaises”, a déclaré mercredi le porte-parole du gouvernement, Olivier Véran. “Nous avons un objectif: sortir du glyphosate”, et “nous voulons que ce soit effectif et opérationnel dès lors qu’il existe une alternative au glyphosate”, a-t-il ajouté. Il a refusé de dire quel serait le vote de la France si elle n’obtenait pas les modifications demandées. Il n’a pas non plus précisé concrètement quel texte serait acceptable pour Paris.
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Les autres pays voisins du Luxembourg, la Belgique et les Pays-Bas ont annoncé s’abstenir. Tandis que l’Allemagne reste divisée sur le sujet.
Pour autant, “de nombreux États membres ont salué la proposition” et si certains pays ont “préconisé des restrictions supplémentaires spécifiques”, cette idée n’est pas soutenue par “une grande majorité” des Etats, avait déclaré la commissaire européenne à la Santé, Stella Kyriakides, la semaine dernière au Parlement européen. Par ailleurs, “dans tous les cas, les États membres auront la possibilité de restreindre l’utilisation (...) au niveau national ou régional s’ils l’estiment nécessaire pour protéger la biodiversité”, avait souligné Mme Kyriakides – dans le cadre toutefois des critères fixés par la législation européenne.