En juillet 2025, Constance, 12 ans, a été diagnostiquée d’un lymphome de Hodgkin. Elle a échangé sa salle de classe contre un hôpital et a manqué la rentrée de sa première année de lycée.
Pour des élèves comme Constance, qui ont suivi six mois de chimiothérapie, plusieurs mesures de soutien sont disponibles via le service CA(H)RE. Ce dispositif, créé par le ministère de l’Éducation nationale en septembre 2024, compte une trentaine de collaborateurs, principalement des enseignants et des agents éducatifs et psycho‑sociaux.
Dès qu’une famille reçoit un diagnostic, l’élève peut choisir d’être accompagné par un enseignant qui dispense les cours, soit à domicile, soit à l’hôpital.
Dans des cas plus lourds, comme celui de Constance, il existe même la possibilité d’utiliser un avatar : un petit “robot” blanc équipé d’une caméra, qui permet à l’élève de suivre les cours sur un iPad.
“Je peux voir les enseignants et mes camarades de classe, mais eux ne peuvent pas me voir”, explique Constance. “Car il y a des jours où je ne me sens pas bien ou d’autres où je ne me montre pas sous mon meilleur jour.”
En moyenne, le service CA(H)RE accompagne chaque année entre 25 et 32 élèves, de l’enseignement fondamental jusqu’au secondaire. Il s’agit d’enfants et de jeunes atteints de maladies oncologiques ou hématologiques, ou ayant subi une transplantation d’organe avec une immunodépression qui a suivi.
“Il est important que le jeune ne soit pas oublié, en tant qu’élève et en tant que personne, par ses camarades de classe et par le personnel enseignant, et qu’il conserve son rôle d’élève”, explique Tim Rinnen, responsable du service CA(H)RE.
Le service organise au minimum deux séances de sensibilisation dans la classe de l’élève concerné : une lorsque l’élève cesse de fréquenter l’école, et une autre lors de son retour.
“Nous intervenons en classe pour répondre aux questions des élèves sur la maladie et sur leur camarade, en fonction de ce que celui‑ci souhaite ou non partager”, explique Anna Feiereisen du service CA(H)RE. “Il est important que la maladie ne soit pas un tabou pour les élèves et qu’ils ne se sentent pas seuls avec leurs peurs et leurs interrogations. Nous existons pour les guider.”
En outre, le service CA(H)RE travaille également avec des enfants et des adolescents hospitalisés dans des unités psychiatriques ouvertes ou fermées, en médecine interne ou en rééducation physique. Dans ces cas‑là, l’enseignement est assuré sur place à l’hôpital, dans des salles spécialement aménagées à cet effet.