Tripartite, deuxième roundSalaire minimum: le gouvernement fera très vite de "nouvelles propositions"

Maurice Fick
Unanimité sur la nécessité de créer plus de logements au Luxembourg, une proposition concrète pour soutenir la transition écologique et la promesse de "nouvelles propositions" pour augmenter le salaire social minimum. Ce sont les trois annonces faites par Luc Frieden, Premier ministre, à l'issue du deuxième jour de la tripartite, mercredi au château de Senningen.
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Ça se confirme: syndicats, patronat et gouvernement sont plus enclin à écouter les points de vue divergeants et à avancer de manière constructive, plutôt que frontalement, comme cela a pu être le cas durant ces deux dernières années et demie. "C'était une bonne, respectueuse, mais difficile réunion", a confessé Luc Frieden à sa sortie de
la deuxième réunion de la tripartit. La dynamique générale dans laquelle se déroule les discussions entre partenaires sociaux étant toujours positive, tous les acteurs se retrouveront pour un troisième round au château de Senningen dès "ce jeudi à 15 heures" et "toute la journée de lundi", a annoncé un Luc Frieden satisfait. Ce qui ne présage en rien du réel degré d'ouverture au compromis pour trouver un accord final. Mais l'esprit y est visiblement.

Après un premier round de discussions consacré à la présentation des revendications des partenaires sociaux et à la manière dont le gouvernement pourrait freiner l'inflation, le deuxième jour de la tripartite, mercredi, a considérablement ouvert le champ de la discussion. Selon les voeux du Premier ministre avant la réunion préparatoire, cette tripartite devrait se consacrer principalement sur le volet "énergie" et l'absorption du large choc que provoquent le conflit en Iran et la fermeture prolongée du détroit d'Ormuz, sur l'économie, les finances, le marché du travail et le pouvoir d'achat au Luxembourg. Les prévisions d'inflation rendues publiques mardi par le Statec font état d'"une deuxième tranche indiciaire qui serait déclenchée encore cette année" au 4e trimestre, dans les deux scénarios intermédiaires.

"Notre but est clair: renforcer le pouvoir d'achat des gens pour qu'une crise externe n'amenuise pas ce que le gouvernement a déjà réalisé ", a rappelé Luc Frieden.
Comme réclamé par les partenaires sociaux, le logement et le salaire social minimum ont été abordés lors de la réunion ce mercredi. Un signe d'ouverture tangible de la part du Premier ministre qui applique ce qu'il a lui-même suggéré lors du récent discours sur l'état de la nation: "Si chacun fait un pas vers l’autre, nous trouverons ensemble la voie à suivre, dans l’intérêt du pays".

Ce dont la présidente de l'OGBL, Nora Back, s'est évidemment félicitée. Depuis des mois, les syndicats réclament aussi une augmentation structurelle du salaire social minimum de 300 euros. Sachant que le salarie non-qualifié est actuellement de 2.703 € brut par mois et le qualifié de 3.244 €. Mais le patronat s'y oppose. "Un sujet très compliqué", "sans surprise", qui a ouvertement été débattu entre partenaires sociaux "qu'il est difficile de rapprocher" sur ce point, a expliqué Luc Frieden.

Les syndicats ont bien mis un peu d'eau dans leur vin puisqu'"on ne s'engage pas dans des négociations sans être prêt à faire des compromis", a déclaré Nora Back avant d'entrer dans la grande salle. Son complice, Patrick Dury du LCGB avait expliqué un peu plus tôt au micro de RTL qu'il sagissait d'"un élément de négociation" et non pas de "notre ligne rouge". "C'est important que les gens puissent vivre dignement de leur paie et que les entreprises puissent survivre et payer les salaires", a posé le Premier ministre.

Une problématique qui touche des secteurs en particulier comme le commerce, la restauration, mais aussi l'agriculture et une partie de l'industrie luxembourgeoise qui doit à la fois concourir dans un environnement international, mais aussi frontalier. Avant d'annoncer que "demain matin les ministres se réuniront pour faire de nouvelles propositions (dans la foulée) qui puissent répondre aux attentes des partenaires sociaux".

L'autre grand sujet abordé est celui du logement. "C'est un sujet où nous tirons tous dans le même sens pour créer le plus de logements possible", résume
Luc Frieden, rappelant au passage que son gouvernement n'est pas resté les bras ballants jusqu'ici: "En 2024 et 2025 nous avons investi plus de 600 millions dans le logement abordable". Le sujet sera à nouveau discuté ce jeudi.

L'Union des syndicats OGBL-LCGB a proposé dans son "Paquet compétitivité et dialogue social" - un paquet de revendications présenté en amont de la tripartite - la création d'un Fonds spécial doté de "7 milliards sur sept ans" qui servirait à soutenir la croissance et à contrer la crise du logement devenue contreproductive pour l'économie luxembourgeoise. En construisant "10.000 logements publics et abordables sur cinq ans", en permettant à l'État d'acquérir massivement des logements en VEFA et en donnant davantage de moyens au Fonds du logement et à la SNHBM.

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