
Le président du LCGB et coprésident de l’Union des syndicats LCGB-OGBL était l’invité de la rédaction de RTL. L’ambiance entre les partenaires sociaux était bonne, mais au final, seul compte un accord concret. Pour lui, une tripartite n’est un succès que lorsqu’un résultat réel est effectivement obtenu.
Lors des échanges, il a notamment été question de mesures visant à freiner l’inflation et à préserver le pouvoir d’achat des ménages. Patrick Dury ne peut évidemment pas donner de détails sur les négociations. Mais “je pense que ce qui est sur la table, c’est de voir comment ralentir l’inflation et ainsi éviter que de nouvelles tranches d’index ne soient déclenchées. Nous l’avons déjà fait une fois avec le plafonnement des prix de l’énergie, et les discussions ont en partie porté sur cela hier.”
L’augmentation du salaire minimum reste bien entendu un dossier important pour les syndicats. Patrick Dury a souligné que, selon la réglementation européenne, le salaire minimum devrait être revu à la hausse. La divergence entre le gouvernement et les syndicats porte sur le calcul. L’union des syndicats demande une augmentation du salaire minimum de 300 euros. Cependant, il n’a pas été exigé que cela se fasse du jour au lendemain. L’objectif est plutôt de discuter d’un calendrier pour sa mise en œuvre. Mais on n'y est pas encore. Il est nécessaire d’agir sur le salaire minimum, mais cela ne constitue désormais plus une ligne rouge, selon Patrick Dury.
Une priorité des syndicats reste d’assurer les moyens d’existence des salariés, souligne Patrick Dury. Il est bien connu qu’au Luxembourg, après chaque crise, le chômage augmente à nouveau. Mais aujourd’hui déjà, le chômage est élevé, “trop élevé pour notre pays”. C’est pourquoi Patrick Dury s’est de nouveau prononcé en faveur d’une cellule de reclassement [où le salarié concerné percevrait pendant 6 mois 100 % du dernier salaire, ndlr], qui permettrait aux salariés concernés de se former et de rester sur le marché du travail, plutôt que de "les laisser glisser dans le chômage". Selon les syndicats, il est plus judicieux d’accompagner les personnes par la formation et l’activité que de les voir dépendre durablement des allocations de chômage.
Outre la situation économique actuelle, le représentant syndical a également évoqué les défis à venir liés à l’intelligence artificielle. "Ce que nous craignons bien davantage que la perte directe d’emplois à court terme, c’est la transformation de notre monde du travail", explique le président du LCGB. C’est pourquoi il est nécessaire d’investir dans la formation des salariés et d’impliquer les délégations du personnel dans ce processus.
Face aux critiques selon lesquelles les syndicats auraient adopté ces derniers mois une attitude trop agressive et auraient compliqué les négociations avec leurs “lignes rouges”, Patrick Dury a répondu que les syndicats luxembourgeois sont “capables d’apprendre”. Ces derniers mois, ils ont dû investir beaucoup d’énergie pour défendre leurs droits et s’opposer à des mesures qu’ils considéraient comme des attaques contre les droits syndicaux. Par rapport à d’autres pays, la situation au Luxembourg reste malgré tout très calme. Alors que des grèves spontanées ont récemment eu lieu en Belgique et qu’une grève générale a touché le Portugal, les syndicats luxembourgeois ont jusqu’à présent surtout misé sur des manifestations. D’après Patrick Dury, celles-ci n’ont ni perturbé la population ni les services publics.
À la question de savoir ce qui devrait finalement ressortir de la tripartite, Patrick Dury a appelé à un compromis global. Au-delà de mesures concrètes, il est également important de renforcer à nouveau le dialogue social entre le gouvernement, le patronat et les syndicats. "Nous ne pouvons plus avancer dans ces conflits permanents", a-t-il conclu.