
Jeudi soir aura lieu au cinéma Utopia la présentation du film “Muganga – Celui qui soigne”, qui met en lumière le travail du médecin et lauréat du prix Nobel de la paix Denis Mukwege. Depuis des années, il soigne des milliers de femmes victimes de violences sexuelles dans l’est de la République démocratique du Congo.
La Grande-Duchesse a expliqué que l’idée de l’association “Stand Speak Rise Up!” est née après sa rencontre avec Denis Mukwege. Lors du forum international organisé en 2019 au Luxembourg, 50 survivantes (pour ne pas utiliser le mot “victimes”) ont pu faire entendre leur voix. Cette reconnaissance a redonné confiance à de nombreuses femmes et leur a permis de devenir des modèles au sein de leurs communautés. Suite à cette expérience, la Grande-Duchesse Maria Teresa et Chékéba Hachemi ont décidé de créer l’association afin de mener un travail de sensibilisation politique et de soutenir les personnes concernées sur le long terme. Aujourd’hui, l’ONG accompagne plus de 8.000 survivantes à travers le monde pour les aider à retrouver une indépendance économique et à reconstruire leur dignité.
Le besoin le plus important exprimé par les survivantes est la reconnaissance ainsi que la demande de justice, explique la Grande-Duchesse. Elle a rappelé que, selon le Statut de Rome*, le viol est considéré comme un crime de guerre et un crime contre l’humanité (articles 7 et 8 du Statut de Rome). C’est pourquoi elle lance un appel aux instances politiques internationales : “il faut que la honte change de camp”. Les responsables doivent être traduits en justice. Chékéba Hachemi a pour sa part critiqué les responsables politiques. Selon elle, il manque encore la volonté politique nécessaire pour lutter contre ces crimes. Elle a souligné le rôle de la société civile et des associations, qui doivent exercer une pression sur les décideurs."C'est la lâcheté de nos politiques, de ne pas prendre en compte des vrais sujets. [...] En fait ce silence assourdissant face à ces fléaux qui nous concernent tous, je trouve que c'est grâce aux associations et à la société civile qu'on peut les pousser."
Les deux invitées ont souligné l’importance des films et des images pour sensibiliser. Beaucoup de gens préfèrent ignorer le sujet, mais les documents visuels permettent de rendre la réalité des crimes plus concrète et plus accessible. Selon Chékéba Hachemi, il existe un grand intérêt pour ces thématiques au Luxembourg. L’association reçoit régulièrement des demandes pour organiser ou participer à des conférences, des documentaires ainsi que des soirées cinéma.
Il s’agissait de la première interview radio en direct de la Grande-Duchesse depuis l'accession au trône de Guillaume. Elle a livré un aperçu personnel de cette nouvelle phase de sa vie. Elle s’est dite heureuse de voir avec quel engagement le Grand-Duc Guillaume et la Grande-Duchesse Stéphanie ont assumé leur nouvelle fonction. En même temps, elle a déclaré ressentir un grand soulagement. "Je n’avais pas réalisé à quel point la responsabilité était lourde", a-t-elle confié.
Après la fin de son mandat officiel, un grand poids est tombé de ses épaules. Cette nouvelle liberté lui permet de s’investir davantage dans ses associations et sa fondation. Il lui tient aussi particulièrement à cœur de passer du temps avec ses enfants et ses petits-enfants.
En plus de “Stand Speak Rise Up!”, elle s’engage notamment pour les enfants ayant des difficultés d’apprentissage, aux côtés de son fils le prince Louis, et travaille à un nouveau projet pour les femmes ayant subi des violences sur le chemin de l’exil.
À la question de savoir si elle passe désormais plus de temps à l’étranger, Maria Teresa a répondu que le Luxembourg restera toujours son foyer. Mais elle préfère être là où se trouvent ses enfants et ses petits-enfants.
*Le Statut de Rome est le traité par lequel la Cour pénale internationale a été créée en 1998 à La Haye. Ce traité, entré en vigueur le 1er juillet 2002, définit pour quels crimes graves la Cour est compétente.