TripartiteLe salaire minimum risque-t-il de faire échouer les négociations ?

Pierre Jans
adapté pour RTL Infos
Le sujet du salaire minimum a fait apparaître mercredi de premières divergences lors des négociations tripartites. Selon les informations de RTL, les propositions actuelles du gouvernement sont très éloignées des revendications des syndicats.
© SIP / Frédéric Sierakowski

Il était déjà clair en amont que la question du salaire minimum comportait un fort potentiel de conflit. Le patronat avait souligné que la plupart des entreprises, tous secteurs confondus, ne pourraient pas supporter une hausse structurelle du salaire minimum. L’OGBL et le LCGB réclamaient une augmentation de 300 euros. Sous leur pression, le Premier ministre Luc Frieden a inscrit ce sujet délicat à l’ordre du jour à Senningen, ce qui, selon nos sources, pourrait encore donner lieu à des discussions compliquées.

Avant les réunions au château de Senningen, les présidents des deux syndicats, Nora Back et Patrick Dury, s’étaient montrés ouverts à des compromis sur ce dossier. Selon nos sources, ils demandent une augmentation substantielle de 200 euros par mois, en plus de ce que le gouvernement avait annoncé en mars, à savoir une hausse de 3,8 % du salaire minimum au 1er janvier 2027, soit environ 105 euros, à laquelle s’ajoute encore la tranche indiciaire pour tout le monde.

Lors de la conférence de presse qui a suivi la réunion mercredi, le Premier ministre Luc Frieden a déclaré qu’une hausse structurelle allant au-delà de ce que le gouvernement avait récemment décidé ne pouvait pas être imposée aux entreprises. D’après plusieurs sources de RTL, le gouvernement aurait proposé mercredi d’arrondir, la hausse déjà annoncée à 200 euros via un crédit d'impôt.

Ce qui constitue une différence d’environ 100 euros par rapport aux revendications de l'Union des syndicats.

Insuffisant pour l’OGBL et le LCGB, selon les sources de RTL. Mercredi, les responsables des deux syndicats ne se sont pas présentés aux côtés du Premier ministre devant les journalistes. Ils se trouvaient dans une salle voisine pendant la conférence de presse. Luc Frieden avait déjà annoncé que les ministres chercheraient de nouvelles, ou d’autres solutions, à présenter aux partenaires sociaux jeudi.

Le gouvernement va montrer qu'il faut aider à la fois les entreprises et les personnes aux revenus modestes, selon le Premier ministre. Il appartient donc désormais au gouvernement de ne pas perdre les syndicats et le patronat sur la question du salaire minimum. Lors de la tripartite, l’objectif principal est en effet, selon le Premier ministre, de trouver des moyens de freiner l’inflation liée à la hausse des prix de l’énergie. Réunir les deux parties sur le salaire minimum ne sera pas facile, comme Luc Frieden l’a lui-même souligné.

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