"La pièce est complètement moisie"Des conditions indignes dans des structures pour réfugiés du Luxembourg

Michèle Sinner
traduit pour RTL Infos
Les membres de la Commission de la Famille, des Solidarités, du Vivre ensemble, de l'Accueil, de l'Egalité des genres et de la Diversité ont visité lundi, en compagnie du ministre Max Hahn, plusieurs structures pour réfugiés de l'Office national de l'accueil (ONA).
RTL (archive)
Photo d’illustration
© RTL (archive)

Les responsables politiques étaient présents pour examiner les conditions dans lesquelles vivent les demandeurs de protection internationale. Les députés se sont rendus à Mersch, à Käerjeng et à Soleuvre. Les résidents de ces structures dénoncent dans des lettres ouvertes des conditions de vie très mauvaises  : des infrastructures sales et délabrées, trop peu de nourriture et de mauvaise qualité.

Serge Kollwelter, qui est en contact avec les réfugiés, critique dans ce contexte le fait que l’Inspection du Travail et des Mines (ITM) devrait à l’avenir être déchargée de la responsabilité des contrôles dans les structures pour réfugiés, car ces dernières seront retirées de la liste des établissements classés contrôlés par l’ITM. “Et de ce fait, l’Office national d’accueil (ONA) aura le privilège de s’autocontrôler. C’est comme si une entreprise comme Monsanto ne devait plus répondre aux conditions des établissements classés, mais restait seule responsable de vérifier si, selon elle, les conditions sont bonnes”, explique Serge Kollwelter.

Gebai vun der ONA zu Zolwer.
Un bâtiment de l’ONA.
© Jeannot Ries
Elles n’ont en fait aucune intimité, vivent dans un espace extrêmement restreint.”

A Soleuvre, dernière étape de la visite, 30 femmes érythréennes, notamment, vivent dans un dortoir. Marianne Donven, qui s’engage depuis des années en faveur des réfugiés, est en contact avec ces femmes. Elles lui ont envoyé des vidéos montrant les conditions de vie dans la structure. Celles‑ci montrent, dit‑elle, “que la pièce est complètement moisie. Et elles dorment là dans des lits superposés. Ce qui est aussi très difficile à accepter pour elles sur le plan culturel. Elles n’ont en fait aucune intimité, vivent dans un espace extrêmement restreint. Elles se sentent aussi discriminées en tant qu’Érythréennes par rapport à tous les autres réfugiés. Car les autres ne sont pas traités de cette manière. En fait, elles trouvent cela choquant, ne comprenant pas pourquoi elles seules sont traitées ainsi.

Les femmes auraient dû quitter le dortoir avant la visite des députés. Mais Marianne Donven explique : “Elles s’y sont opposées. Elles resteront pour l’instant dans cette chambre. Car elles veulent justement pouvoir leur montrer la situation.

Gebai vun der ONA zu Käerjeng.
© Jeannot Ries

Mais elles ne savent pas encore exactement où elles seront envoyées ensuite. Dans une salle de sport ou dans des sales communes. La situation est très difficile, ont raconté les femmes sur place. Elles craignent de se retrouver ensuite dans des pièces sans fenêtres, ou dont les fenêtres seraient fermées avec des plaques de bois. Elles ont montré leur dortoir aux députés, mais n’ont pas toutes été autorisées à leur parler durant la visite, comme elles l’ont expliqué par la suite.
Mais comme ces derniers jours, des efforts considérables ont été faits pour nettoyer les lieux, l’une d’entre elles a dit qu’il serait bien que les députés viennent plus souvent.

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