Les réfugiés ne trouvent pas de logement"Se loger est cher pour tout le monde au Luxembourg", souligne Max Hahn

Serge Pauly
traduit pour RTL Infos
L'Office national de l'accueil veut‑il vraiment mettre des familles avec enfants à la rue ? Le ministre de la Famille, Max Hahn, a réagi à un reportage de RTL, dans lequel une femme explique qu’elle craint même de se voir retirer ses enfants.
Max Hahn:
Max Hahn:
© RTL

Blessing Sajowa a obtenu son titre de séjour en juillet 2023. En principe, elle aurait dû quitter la structure de l’ONA un an plus tard. Mais elle affirme ne pas parvenir à trouver un logement. En novembre dernier, l’ONA lui a signifié par écrit qu’elle ne serait plus tolérée dans son foyer que jusqu’au mercredi 11 février.

Le ministre de la Famille, Max Hahn, ne souhaite pas s’exprimer sur des cas individuels, mais rappelle que les foyers de l’Office national de l’accueil ne constituent que des solutions transitoires :

Le fait est qu’un très grand nombre de personnes continuent d’arriver, et lorsqu’il n’y a plus de lits disponibles, les personnes qui séjournent depuis longtemps, voire très longtemps, dans les structures, doivent naturellement libérer des places pour celles qui se présentent, des personnes nouvellement arrivées qui cherchent protection au Luxembourg, pour leur donner leur chance. “

Douze mois en foyer

En pratique, l’ONA demande effectivement aux réfugiés reconnus, les  bénéficiaires de la protection internationale,  de quitter le foyer après 12 mois de période de tolérance. L’an dernier, 559 réfugiés ont reçu une telle lettre, y compris des mineurs. Dans la plupart des cas, les personnes concernées trouvent ensuite une solution à court terme, selon le ministre. Dans huit dossiers seulement, il a été nécessaire, après une décision de justice, de faire expulser les personnes concernées par un huissier. Toutes étaient sans enfants.

Dans l’interview accordée à RTL, Max Hahn souligne à plusieurs reprises les opportunités et l’encadrement dont bénéficient les réfugiés au Luxembourg. Il insiste sur la bonne volonté dont fait preuve son ministère, tout en rappelant que cette tolérance ne peut pas être illimitée. Mais irait‑il, en cas de situation critique, jusqu’à mettre une famille avec enfants à la rue ?

“Les personnes qui arrivent ici au Luxembourg savent dès le premier jour qu’elles ne resteront pas durablement dans les structures pour réfugiés. Quelle serait d’ailleurs cette situation ? On ne se contente pas de le leur dire : elles sont accompagnées tout au long du processus et elles signent même les engagements leur permettant de rester encore un an dans la structure. Et, comme je l’ai déjà dit, il existe une certaine flexibilité, justement en fonction des vulnérabilités, mais surtout lorsqu’il y a des enfants. C’est un point auquel nous sommes très sensibles”, explique le ministre DP Max Hahn.

“Il ne faut pas perdre un seul jour”

Marianne Donven, qui défend les droits des réfugiés, avait reproché au ministre de la Famille, dans un reportage de RTL, de ne pas connaître son rôle, estimant qu’il se cachait derrière les prix du logement au lieu de fournir un logement aux personnes concernées.

Une critique que Max Hahn n’a pas du tout appréciée : “Oui, le ministre de la Famille connaît très bien son rôle. Je pense être là pour aider les personnes vulnérables. Et nous savons que se loger est cher au Luxembourg. Pour tout le monde au Luxembourg : Luxembourgeois, non‑Luxembourgeois, et oui, cela vaut aussi pour les réfugiés. C’est pourquoi il est très important pour moi, et ce n’est pas la première fois que je le dis, je le répète à chaque rencontre avec des réfugiés, et j’en rencontre beaucoup, que la vie est chère au Luxembourg, avec des prix des logement très élevés. Il ne faut donc pas perdre un seul jour : il faut apprendre les langues, se former, et trouver un emploi aussi rapidement que possible. Sinon, ces personnes ne pourront pas réussir au Luxembourg. C’est l’appel que je lance. Et je pense sincèrement être parfaitement dans mon rôle de ministre de la Famille.

Max Hahn a encore ajouté que le Luxembourg n’est évidemment pas un Eldorado où l’argent tomberait du ciel. Il souhaite que les réfugiés se fassent, ou qu’on leur donne, moins de faux espoirs.

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