
L’étude, menée en octobre et novembre 2025 auprès de près de 28.000 multi-propriétaires, a recueilli 5.799 réponses, dont plus de 5.100 exploitables. Avec un taux de participation de 20,8%, elle constitue la première base de données à grande échelle sur les loyers en cours de bail, bien différente des montants affichés lors des nouvelles mises en location.
Jusqu’ici, le marché locatif était surtout observé à travers les annonces publiées pour les logements fraîchement proposés. Le rapport change la donne en révélant ce que paient réellement les locataires déjà installés, et en mettant en lumière les mécanismes qui façonnent le marché.
Le rapport met notamment en évidence un facteur déterminant : la date d’entrée dans le logement. Les baux signés en 2024 ou 2025 présentent des loyers près de 75% plus élevés que ceux des logements occupés avant 2010. Cette "stratification temporelle" illustre l’effet cumulé de quinze années de hausse continue et pose des questions d’équité entre locataires, d’accès au logement et d’interprétation des indicateurs du marché.
Les résultats montrent une forte hétérogénéité. Pour les appartements, qui représentent l’essentiel des biens analysés, plus de la moitié des loyers se situent entre 1.000 et 1.750 euros par mois. Mais 16,4 % dépassent les 2.000 euros, un écart qui reflète les différences de localisation, de surface, de qualité ou encore l’ancienneté des contrats.
L’analyse territoriale confirme un gradient marqué. Avec un loyer médian de 25,56 euros le mètre carré, Luxembourg‑Ville se détache nettement du reste du pays, suivie par le canton de Luxembourg et celui d’Esch‑sur‑Alzette. Les cantons de l’est et du nord affichent des niveaux nettement plus bas, révélant un marché à plusieurs vitesses.