Consommation des carburants au LuxembourgLes stations ont vendu 10% de diesel en moins sur un an

Maurice Fick
Les ventes de diesel plongent et l'essence grignote du terrain, mais les stations-service au Luxembourg ne sont pas menacées de disparition pour autant. Elles profitent, à leur manière, de l'électromobilité et leur shops vendent "très bien". Au pays du "tourisme à la pompe", les pétroliers sont "confiants", assure Eric Bleyer, président du Groupement Énergies Mobilité Luxembourg.

L’évolution de la consommation des carburants est évidemment très différentes d’un carburant à l’autre au Luxembourg et à l’image d’un marché qui, indiscutablement, s’électrifie. Doucement, mais sûrement. Des tendances de consommation se sont nettement dessinées et se confirment au fil du temps. “Les essences ont augmenté de 40 % sur les dix dernières années, alors que sur le diesel, on a presqu’une chute de 50 %. La perte totale du marché sur dix ans est de 30 %”, reconnaît Eric Bleyer, président du Groupement Énergies Mobilité Luxembourg qui représente les pétroliers de la place comme Aral, Q8, Shell, Esso ou encore Circle K qui a repris le réseau TotalEnergies début 2024.

Pour rappel, la vraie chute de la consommation de carburants a commencé en 2019. Depuis le secteur a perdu “presque 1 milliard de litres entre 2019 et 2025”, résume Eric Bleyer. En 2025, le secteur a vendu à la pompe, “environ 1,7 milliard de litres tout carburants confondus”.

Eric Bleyer, président du GEML: "Le diesel a reculé, encore une fois, de 10%" en 2025, mais reste toujours le carburant le plus vendu au Luxembourg".
Eric Bleyer, président du GEML: “Le diesel a reculé, encore une fois, de 10%" en 2025, mais reste toujours le carburant le plus vendu au Luxembourg”.
© Maurice Fick / RTL

Les poids lourds ne pompent plus au Luxembourg

Les chiffres sur la table montrent que la tendance des dernières années se poursuit et qu’au final, le secteur accuse “une année à moins 7 %”, résume le président du groupement qui représente les pétroliers. Le diesela reculé, encore une fois, de 10%”, l’an passé, mais reste toujours, au pays de la bagnole, le carburant le plus vendu.
Les essences, en revanche, “ont augmenté légèrement de 2 %”.

Ces chutes de diesel qui plombent les courbes de vente depuis 2019, sont “majoritairement dues au secteur du transport. Les camions internationaux évitent aujourd’hui de faire le plein au Luxembourg, parce que tout simplement c’est plus attractif pour eux de faire le plein dans les pays voisins ou dans d’autres pays d’Europe”, concède Eric Bleyer. En cause la “politique fiscale moins attrayante” du Luxembourg pour les transporteurs routiers du gouvernement DP-LSAP-Les Verts de la précédente législature qui avait fait “le choix d’atteindre les objectifs climatiques à l’horizon 2030”, glisse le représentant des pétroliers en pesant bien ses mots.

Avant de conclure avec un brin d’amertume à peine dissimulée: “Et bien entendu cela ne fait aucun vrai résultat sur le climat ! Parce que les camions continuent de rouler. Ils font juste le plein ailleurs. Mais sur nos recettes, et sur les recettes fiscales, les chutes sont bien réelles”. Sous-entendu, les trous laissés dans les caisses de l’État et dans celles des pétroliers “font très mal”.

Mais Eric Bleyer est beau joueur. Il rappelle aussi bien que “60 % des émissions de CO2 du Luxembourg, sont dues au secteur du transport” et que la réduction de ces émissions sont une obligation faite par l’Europe au gouvernement.

Alors, la fin des stations-service se profile-t-elle ?

Mais les pétroliers ne sont pas, pour autant, menacés de disparition au Luxembourg. Eric Bleyer dissipe d’un revers toute ambiguïté: “Les stations-service au Luxembourg, elles vont perdurer, elles vont survivre et ça va bien se passer”.

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Dans un secteur qui dénombre tout de même 237 stations -dont 60 % sont concentrées le long des frontières- et occupe 3.600 salariés, contrer l’érosion conjoncturelle de consommation des carburants relève du défi. “Je pars du principe que quelques stations-services vont fermer dans les prochaines années. Mais ce ne sera pas la fin des stations -service”, assure leur représentant numéro un. À l’écouter, le “tourisme à la pompe” n’est pas près de s’éteindre. Il est, au contraire, en pleine mutation.

À commencer par les énergies. Il est clair aujourd’hui que “les pétroliers ne pourront jamais compenser les pertes de revenus du pétrole par l’électromobilité. Néanmoins, sur les dernières années, je pense que tous les acteurs se sont fortement diversifiés dans leurs activités en proposant d’autres services et en proposant de nouvelles énergies comme le biodiesel. À Bettembourg, a ouvert
une station hydrogène et dans le futur, on peut penser à des carburants synthétiques ou d’autres carburants bio. C’est le marché qui nous dira si ça va naître ou pas”, explique Eric Breyer.

Sans oublier l’électromobilité. Avec 29,3% de voitures immatriculées et qui tournent avec des moteurs hybrides (essence et diesel) et 26,9% en full électrique, l’évolution du parc électrique est impressionnante au Luxembourg. Mais cela veut dire, a contrario que “70 % des véhicules qui sont vendus aujourd’hui sont des véhicules thermiques ou en partie thermiques. Donc tous ces véhicules auront besoin des stations-service”, fait remarquer Eric Bleyer.

La marge de “plus en plus importante” des shops

En ce début 2026, “on s ‘approche des 300 points de recharge haute puissance (entre 300 et 400 Kilowatt) dans les stations-services”, assure-t-il. Si les pétroliers investissent “massivement” dans l’électromobilité, c’est bien pour “répondre à un besoin ponctuel des clients roulant en véhicules électriques pour recharger vite”. Mais aussi parce qu’en faisant la pause “recharge obligatoire”, ils en profitent pour prendre un café ou faire leurs courses de dépannage.

© Maurice Fick / RTL

L’électromobilité devient une nouvelle aubaine, un point d’attrait pour que les clients des stations-service qui ont diversifié, de plus en plus, leur offre ces dernières années. Elle sont devenues des commerces de proximité rentables. “On s ‘est fortement diversifié les années passées et le shop est devenu de plus en plus important dans nos chiffres d’ affaires et dans nos marges” car “on vend très bien dans les magasins”, concède Eric Bleyer.

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