L’industrie du jeu vidéo a fait savoir qu’elle était perplexe à l’idée d’interdire des titres violents aux mineurs. La thématique est apparue dans les propos d’Emmanuel Macron au détour d’une interview au média Brut, dans laquelle le président français a annoncé avoir demandé à des experts d’étudier d’ici “mai-juin” les dangers des jeux vidéo pour la santé mentale des plus jeunes. En cas de “consensus scientifique” pour dire que l’impact sur les jeunes de certains jeux vidéo “est très mauvais”, notamment ceux où on passe “cinq à six heures par jour à tuer des gens”, “peut-être qu’il faudra interdire”, a-t-il prévenu.
Auprès des parents à qui nous avons tendu notre micro au Luxembourg, une certaine unanimité s’est dessinée autour de l’idée que ce n’était sans doute pas à l’État de s’en mêler.
“Interdire, ce n’est pas bien. Mais c’est notre décision comme parents. Lui, il n’a pas de jeux vidéo à la maison”, nous a déclaré cette mère aux côtés de son fils, ce dernier avouant préféré aller jouer au foot plutôt que prendre part aux réunions jeux vidéo organisées par ses copains.
Plus loin, une autre mère de famille est plus nuancée : “Moi, je pense que c’est une bonne idée, mais je pense aussi que c’est aux parents de faire quelque chose en fait [...] Donc au quotidien, ce n’est pas simple, mais voilà, il faut que les règles soient respectées, sinon c’est bloqué et il n’y a pas de jeux vidéo.”
Nous croisons une jeune femme qui n’est pas mère, mais qui est consciente des dangers : “Les jeux vidéo, ce n’est pas non plus conseillé, c’est violent. Après, ils peuvent très bien s’en prendre à d’autres personnes [...] Le cerveau est constamment stimulé. Il faut qu’il soit plutôt reposé pour que le gamin puisse aussi apprendre.”
Mais, comme le rappelle Thomas Rohmer, directeur de l’Observatoire de la parentalité et de l’éducation numérique (Open) en France, de nombreuses études démontrent déjà “qu’il n’y a pas de rapport de causalité entre commettre des actes violents et le fait de jouer à des jeux identifiés comme violents”.
Une affirmation plutôt rassurante pour certains parents qui font la part des choses : “Il faut surveiller, c’est ce qu’on fait déjà. Donc après, on ne va pas les empêcher de jouer.”
Pour l’instant, l’idée n’a pas été reprise au sein de la classe politique luxembourgeoise. Mais après l’interdiction des téléphones dans les établissements scolaires, le contrôle des jeux vidéo violents sera peut-être le prochain chantier des élus qui s’inquiètent de la santé mentale des jeunes.