
Cette peine, prononcée le 6 février par la cour d’assises de Meurthe-et-Moselle, est assortie d’une période de sûreté des deux tiers, soit 20 années.
L’avocate générale Sophie Partouche avait requis à l’audience la peine maximale, la réclusion criminelle à perpétuité, estimant que l’unique autre option qui s’offrait aux jurés était de prononcer “30 ans de réclusion”, comme cela a été finalement le cas.
Abdelkrim Bellot, 40 ans, a été reconnu coupable de “tentative d’assassinat” pour avoir blessé par balles cinq personnes alors âgées de 17 à 30 ans, sur la place centrale de Villerupt, au niveau d’un porche connu pour abriter un point de deal, le 13 mai 2023.
A l’audience, il avait contesté être l’auteur de la fusillade, disant qu’un mystérieux ami rencontré au Luxembourg, un homme “sans-papiers”, s’était “porté volontaire” pour venger le frère de l’accusé, victime d’une violente agression trois semaines plus tôt.
“Je suis innocent, même si je reconnais une part de responsabilité”, notamment dans la préparation de l’acte, avait dit M. Bellot à la clôture des débats, avant que le jury ne se retire pour délibérer.
Avant ce changement de version à l’ouverture de son procès, l’accusé avait reconnu durant toute l’enquête être le tireur pour cette même raison, en riposte à une agression humiliante à l’encontre d’un de ses frères filmée et diffusée sur les réseaux sociaux.
Gianni, Kenzo, Alexandre, Erwan et Sabrina ont tous reçu au moins une balle dans la partie supérieure du corps, entraînant un immense traumatisme et des séquelles physiques.
A l’audience, ils avaient livré de poignants témoignages et la reconnaissance de la culpabilité de M. Bellot et sa condamnation par la cour d’assises était “hyper important(e)” notamment pour leur reconstruction, avait déclaré à l’AFP Nicolas Braun, avocat de deux victimes.