
“Le marché reprend, mais on reste encore loin de 2023 (NDLR : année de reprise post-Covid et crise en Ukraine), et encore plus loin de 2019. Les gens se rabattent beaucoup sur l’occasion” résume Manuel Ruggio, directeur des opérations à la Société Nationale de Circulation Automobile (SCNA).
Véritable baromètre du marché automobile grand-ducal, l’Autofestival est attendu chaque année au tournant. Cette année, il permettra de découvrir une soixantaine de nouveaux modèles, dont certains en avant-première. Il permettra aussi aux amateurs de bonnes affaires d’avoir l’embarras du choix, en se rendant dans 90 concessions et 190 showrooms. Mais pour les professionnels du secteur, c’est avant tout un mois crucial : “L’Autofestival permet de générer un volume significatif de vente dès les premiers mois de l’année” explique Manuel Ruggio. Car l’automobile pèse lourd au Luxembourg : près de 6.000 emplois directs et indirects, des recettes fiscales importantes.
Or, on va le voir, le marché automobile est pris dans de sérieuses turbulences depuis des années.

En 2025, la SNCA a effectué, toutes catégories de véhicules confondues, 133.587 immatriculations, soit une augmentation de +3,4% par rapport à 2024. Le marché de l’occasion pèse le plus lourd : 75.235 véhicules d’occasion ont été immatriculés (dont 62.017 voitures), contre 58.352 véhicules neufs (dont 47.161 voitures). Notons la belle hausse du côté des camionnettes (+19%, soit 4.755 véhicules mis en circulation): “il s’agit d’un retour à la normale par rapport à une année 2024 marquée par une crise dans le secteur de la construction.”
Et si le XXe siècle était celui du moteur thermique, le XXIe débute comme une longue agonie pour ce dernier. Surtout pour le carburant qui était auparavant leader au Luxembourg : “Le diesel devient un carburant de niche” résume Manuel Ruggio. Alors que l’essence baisse de 3,6% à 12.276 véhicules neufs immatriculés en 2025, le diesel s’affaiblit de 2,4% à 4.673 véhicules seulement.
Avec au total 26% des immatriculations pour les modèles essence (50,6% en 2019) et 9,9% pour les diesel (41,9%), les motorisations purement thermiques ne représentent plus qu’environ 36% de l’ensemble des immatriculations.
Les moteurs électrifiés sont, eux, en plein boom. Avec en première ligne les hybrides (essence et diesel) à 29,3%, suivi des véhicules full électrique (26,9%). À noter que les Plug-in hybride sont en recul, de 8,2% en 2024 à 7,9% en 2025. Autrement dit, les statistiques de la SNCA montrent que 64% des nouvelles immatriculations sont électrifiés.

La bonne nouvelle, c’est que cette électrification fait reculer les émissions moyennes de CO2, qui descendent sous la barre symbolique des 100g de C02/km, à 98,9 g en 2025 (-0,4% par rapport à 2024). En 2019, elles étaient à plus de 160g ! Le Luxembourg fait donc partie des rares pays européens qui réalisent les objectifs européens en la matière.
La moins bonne, c’est que l’électrique commence à toucher un certain plafond : “Ça commence à se normaliser, on note une stagnation” note Manuel Ruggiu. La SNCA constate que, pour la première fois depuis des années, le nombre d’immatriculations de voitures électriques était en légère baisse de 12.777 unités en 2024 à 12.664 unités en 2025 (-0,5%). Il faut dire que les prix élevés des véhicules neufs, en particulier électriques, découragent de nombreux automobilistes, qui préfèrent se rabattre sur l’occasion et d’autres motorisations comme l’hybride.
Mais ce n’est pas la seule raison : la baisse des aides à l’achat de 8.000 Euro à 6.000 Euro à partir du 1er octobre 2024 est pointée du doigt par la Fedamo. “Même si l’aide se situe toujours à un niveau élevé, l’évolution à la baisse de la subvention semble être perçue comme un signal négatif par une partie de la clientèle. D’autre part, cette baisse s’explique également par le recul des contrats de leasing opérationnel des véhicules de société, en grande partie à motorisations électriques. Cela entraîne mécaniquement une diminution des immatriculations de véhicules 100% électriques”. D’où la revendication soulignée par Philippe Mersch, président de la Fedamo, de maintenir les aides après le 30 juin 2026 afin d’enrayer cette tendance à la baisse et maintenir l’attractivité de la mobilité électrique à zéro émission.

Autre conséquence des prix élevés des véhicules, l’âge moyen du parc roulant augmente d’années en années au Luxembourg. Les véhicules ( voitures et camionnettes)au Luxembourg ont désormais un âge moyen de 8,3 ans en 2025 (contre 7,4 ans en 2019). Cet âge moyen reste néanmoins moins élevé que chez nos voisins belges ou français, où il dépasse allègrement les 10 ans.
Le marché des deux roues, lui, reste sur une allure de croisière : “c’est un marché de passionnés, qui ne connaît pas trop la crise”. Après une année record en 2024 avec 2.449 unités, les immatriculations de véhicules neufs baissent de 6,9% pour un retour à la normale avec 2.280 unités. En revanche, le marché de l’occasion, lui, flambe (3.624 ventes, +10,9%).
Rappelons que la 62e édition de l’Autofestival se tiendra du samedi 24 janvier au lundi 2 février 2026 inclus, avec des ouvertures exceptionnelles les dimanches 25 janvier et 1er février 2026. Notez également que l’AutoOccasiounsFestival se déroulera du lundi 1er au samedi 13 juin 2026 dans les concessions automobiles participantes.