
"Il est difficile de tirer un bilan et trop tôt pour cela": telle était la conclusion des députés membres de la Commission spéciale Caritas lundi soir. Si les principaux acteurs du dossier remettent en question le travail de la Commission et refusent de coopérer avec elle, cette dernière ne peut pas avancer.
La Commission spéciale Caritas doit rédiger un rapport d'ici avril. Un calendrier qui sera difficile à tenir si les acteurs les plus importants n'ont pas été entendus, selon Sven Clement, élu des Piraten:
"La Fondation Caritas, qui remet en question la Commission. Ensuite PwC, qui pose des conditions inouïes, avec lesquelles [ce cabinet de conseils] donne le sentiment d'être le premier pouvoir du pays. Je pense que les Big Four au Luxembourg, dont PwC, feraient bien de faire preuve d'un peu d'"humilité" après une fraude d'une telle ampleur et de venir à la Chambre pour s'expliquer, au lieu de vouloir se cacher et faire comme si la Chambre n'avait absolument pas le droit d'être informée."
C'est une invitation à un échange et pas une enquête, affirme Marc Baum, élu de déi Lénk. Selon lui, il est dans l'intérêt des deux acteurs de fournir maintenant des réponses aux questions de la Commission spéciale:
"Parce que si cela n'arrive pas, nous, l'opposition, nous avons encore sous la main la "grosse Bertha", et c'est de faire une enquête, une véritable commission d'enquête, devant laquelle ils devront alors venir et aussi témoigner sous serment. Cette Commission spéciale est la possibilité d'éviter cela et de pouvoir atteindre des objectifs de manière plus galante et rapide."
Mais si ce n'est pas souhaité, il faudra en tirer les conséquences. Pour Taina Bofferding, la manière d'agir de Caritas et de PwC ici est la preuve que les deux entités ne sont pas disposées à donner un coup de main:
"Ceux-ci disent maintenant qu'ils viendront seulement si nous leur fournissons nos questions au préalable et qu'ensuite, s'il vous plaît, nous ne posons que ces questions. Je pense qu'il n'y a aucun Parlement au monde où cela fonctionne comme cela, pour le dire crûment: c'est au fond une insulte de dire au Parlement, le premier pouvoir du pays, qu'il faut procéder ainsi!"
La députée LSAP se demande si la volonté d'apporter clarté et transparence dans toute cette affaire existe. Certains acteurs gagnent du temps et remettent en question les travaux de la Commission spéciale.
Il n'y a pas que les partis d'opposition qui ont le sentiment que PwC et Caritas ne veulent pas coopérer avec la Chambre des députés. C'est aussi l'impression de la présidente de la Commission, Stéphanie Weydert (CSV):
"Nous avons reçu plusieurs courriers de PwC, de Caritas, dans lesquels des conditions sont posées, respectivement la Commission est remise en question, ce que je trouve assez particulier. Si quelqu'un ne veut pas venir, il doit simplement le dire en face: 'Nous ne voulons pas venir!' Car il s'agit d'une invitation à venir en commission, à avoir un entretien avec nous, à avoir un échange. Et ce n'est pas une convocation, comme cela figure dans différents courriers, où on pense être convoqué par le parquet, où il faut répondre aux questions sur tous les faits. Non, il ne s'agit pas de cela!"
La semaine dernière, des accusations avaient été lancées à propos d'un conflit d’intérêt potentiel concernant la présidente de la Commission spéciale, Stéphanie Weydert. La députée CSV a affirmé avoir saisi le Comité d’éthique de la Chambre ainsi que le Bâtonnier, mais ne pas avoir reçu encore leur avis.
La Commission se réunira à nouveau lundi prochain.