Tripartite annoncéePour les Verts, il est grand temps, pour le LSAP, elle vient très tard et l'ADR attendrait encore

Diana Hoffmann
adapté pour RTL Infos
 Alors que, pour le DP, le moment est opportun pour une tripartite, les partis d’opposition que sont les Verts, le LSAP et l’ADR voient les choses autrement.
© Marc Hoscheid

C’est le bon moment pour convoquer une tripartite, estime Gilles Baum, président du groupe parlementaire DP. Le parti libéral est ouvert à toutes discussions avec les partenaires sociaux. “Les principaux axes porteront naturellement sur le pouvoir d’achat des gens, notamment en raison des prix élevés de l’énergie. Mais l’accent sera tout aussi clairement mis sur la compétitivité des entreprises, qui commencent à réellement souffrir à cause des coûts énergétiques.” La crise énergétique serait par ailleurs aussi le bon moment pour accélérer le développement des énergies renouvelables et associer tant les particuliers que les entreprises à cet effort.

Le président de la fraction ADR, Fred Keup, ne considère toutefois pas la situation comme étant aussi urgente. “On aurait aussi encore pu attendre et voir si une crise plus grave se développait dans le pays. Le gouvernement a maintenant décidé, soudainement, de lancer une tripartite. Parfois c’est ‘non’ pendant des semaines, puis ‘oui’. Ce n’est pas toujours une ligne claire, mais bon, nous verrons ce qu’ils parviendront à en faire.” Le député ADR se montre sceptique quant à un accord tripartite. Celui‑ci nécessiterait en effet que l'on mène des négociations de manière responsable. Lorsqu’il pense aux syndicats et aux lignes rouges qu’ils fixeront, il se demande comment cela pourra fonctionner.

 Pour la porte‑parole des Verts, Sam Tanson, ce n’était qu’une question de temps avant que le Premier ministre ne cède à la pression en faveur d’une tripartite. “Ce qui est en tout cas clair, c’est que le Premier ministre n’a pas pris cette initiative de son propre chef avec un certain dynamisme. Il l’a fait sous la pression des partenaires sociaux et de l’opposition, qui disent depuis des jours, voire des semaines, qu’il est grand temps de convoquer une tripartite. Nous sommes dans une situation de crise, nous devons chercher des solutions pour surmonter cette crise.” Les Verts estiment que les revenus faibles et moyens doivent être soutenus. Ils voient dans le crédit d’impôt un outil pertinent à cet effet. Mais les entreprises doivent elles aussi être accompagnées dans la transition. Les Verts ont demandé la tenue d’une heure d’actualité à la Chambre sur ce sujet la semaine prochaine.

"C'est une bonne chose que la tripartite ait enfin lieu, mais pas de cette manière‑là", estime la présidente du groupe parlementaire LSAP, Taina Bofferding. La crise est là aujourd’hui, et il est donc incompréhensible qu’il faille encore attendre cinq à six semaines avant que le gouvernement ne se réunisse avec les partenaires sociaux. “Si nous étions aux responsabilités, nous serions depuis longtemps déjà autour d’une table avec les syndicats et le patronat pour élaborer des mesures, comme un crédit d’impôt socialement juste pour les ménages, mais aussi une taxe sur les surprofits pour les entreprises qui profitent massivement d’une crise énergétique.” Comme la tripartite ne se réunira qu’après le discours sur l’état de la nation du Premier ministre en mai, le LSAP craint qu’il ne s’agisse d’une opération alibi. Luc Frieden aurait finalement déjà présenté ses solutions. Les socialistes estiment qu’il faut dès à présent une augmentation conséquente du salaire minimum ainsi que des mesures de compensation pour les petites entreprises. Par ailleurs, il faudrait aussi s’attaquer à la crise du logement, à la dépendance énergétique et aux injustices sociales du système fiscal. 

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