
La Chambre des députés a adopté à l'unanimité jeudi matin trois projets de loi mettant en œuvre des mesures issues de l’accord tripartite. Il s'agit d'aides financières destinées aux entreprises du secteur des transports, aux exploitations agricoles ainsi qu'aux ménages, afin de les aider à faire face à la hausse des prix de l'énergie.
Concrètement, pour les ménages, le prix du fioule de chauffage et du gaz sera réduit de 15 centimes par litre, du 1er août au 31 décembre.
Les partis de la majorité ont salué l’action du gouvernement, estimant qu’il avait pris ses responsabilités au bon moment et qu’il était parvenu rapidement à un accord avec les partenaires sociaux.
Les partis d’opposition ont une tout autre lecture de la situation. Ils ont critiqué le fait qu’il était déjà évident beaucoup plus tôt qu’il fallait agir.
Le député du Parti pirate, Sven Clement, a déclaré : "On pousse ces mesures par la procédure parlementaire, mais pourquoi en sommes-nous arrivés à cette situation ? Mais nous y sommes arrivés, chères collègues et chers collègues, parce que le gouvernement a pris son temps avant de convoquer une tripartite."
Selon le député LSAP Georges Engel, le gouvernement n’est évidemment pas responsable de la guerre en Iran : "Mais il est tout de même responsable de la mauvaise ambiance qui règne dans le pays, et ce gouvernement n’est pas particulièrement à l’aise avec le dialogue social, on l’a constaté dès le début."
Le député ADR Fred Keup a estimé que la tripartite n’était pas nécessaire pour mettre en place ces mesures : "Ce n’aurait pourtant pas été sorcier d’élaborer cela soi-même, que ce soit par le gouvernement ou ici à la Chambre."
La députée des Verts Sam Tanson, entre autres, a critiqué le fait qu’aucune autre solution que les aides publiques sur les prix de l’énergie n’ait été recherchée : "En commission, nous avons souvent entendu : 'Nous avons simplement fait comme la dernière fois.' En 2022, il s’agissait d’une situation d’urgence : les prix du gaz avaient explosé, il n’existait pas encore de plafonnement européen du prix du gaz et la plupart des pays voisins étaient intervenus sur les prix des carburants. Aujourd’hui, la situation est différente."
Le député déi Lénk, Marc Baum, a qualifié le frein aux prix de l’énergie de "mal nécessaire" : "Il serait préférable que nous n’ayons pas à faire cela. Mais au moins, nous faisons en sorte que les coûts n’explosent pas trop pour la majorité des ménages."
Le député DP Marc Hansen a suscité de vives réactions lors du débat en critiquant les interventions des élus de l’opposition, estimant qu’ils s’éparpillaient trop dans toutes les directions.
Par ailleurs, Les Verts ont demandé, par le biais d’une motion, la suppression de la remise sur les carburants. Tous les autres partis ont voté contre cette motion.
Une autre motion demandait d’analyser quelles mesures alternatives pourraient être mises en place pour réagir en période de crise. Cette motion n’a toutefois pas obtenu de majorité non plus.