LuxembourgDes parents dénoncent un climat dangereux dans une école primaire

Rodrigo Costa Ribeiro
adapté pour RTL Infos
Des parents d’élèves tirent la sonnette d’alarme face à ce qu’ils décrivent comme un climat de plus en plus dangereux dans une école primaire de Luxembourg‑Ville. Une situation signalée à nos collègues de RTL Today.
© AFP Archives

Ils évoquent des agressions physiques répétées, des enseignants dépassés au point d’appeler la police, et des enfants qui disent avoir peur d’aller en classe. Plus de 100 parents ont signé une pétition réclamant des mesures urgentes.

Selon ce document, les incidents se multiplient depuis le début de l’année scolaire dans deux classes du cycle inférieur de l’école primaire de Dommeldange. Plusieurs des élèves concernés sont placés en foyers d’accueil. Les parents affirment soutenir le principe d’inclusion, mais estiment que, sans personnel qualifié, ressources adaptées et procédures claires, celle‑ci “risque de se transformer en négligence”. Ils évoquent des enfants souffrant de traumatismes lourds et de difficultés comportementales importantes, intégrés dans des classes ordinaires sans encadrement spécialisé suffisant.

Les témoignages décrivent des crises quotidiennes, des attaques contre des enseignants, des lunettes brisées, et même un cas où la police a dû intervenir. Une mère raconte que son fils a eu la tête violemment frappée contre la vitre d’un bus : “notre fils est la victime de ce que cet élève a vécu”. Une autre explique qu’un élève entrait “en crise tous les jours”, évoquant “une bagarre avec un enseignant” qui a nécessité l’intervention de la police. D’autres parlent de cours constamment interrompus, d’enseignants dépassés, et de solutions improvisées comme “donner un iPad à un élève pour le calmer”. Malgré certains ajustements — relocalisation d’élèves, limitation de présence — les parents affirment que les perturbations continuent.

Les autorités locales disent suivre le dossier de près. L’échevin Paul Galles confirme s’être rendu sur place “pour comprendre ce que nous pouvons faire en tant que commune” et souligne que Dommeldange accueille depuis longtemps des enfants issus de foyers, mais que la situation a atteint “un seuil critique”. Il insiste toutefois qu’un simple déplacement d’élèves “n’est pas une solution” et annonce des discussions directes avec les foyers concernés. Le ministère de l’Éducation indique qu’”une offre scolaire spécialisée, en dehors de l’école de Dommeldange, est en cours de développement”. Concernant l’intervention policière, le ministère rappelle que “faire appel à la police peut être approprié en cas de danger immédiat, mais ce n’est pas une pratique courante”.

Le ministère précise également que plusieurs mesures renforcées sont déjà en place, dont “un psychologue à temps plein, un éducateur socio‑émotionnel et un enseignant spécialisé”. À l’échelle nationale, d’autres dispositifs ont été introduits cette année, comme le service ONE Schouldéngscht, le recrutement d’enseignants spécialisés supplémentaires et la création de deux centres socio‑thérapeutiques. Le ministère réaffirme que “la réduction de la taille des classes n’a pas démontré d’effet” sur les comportements difficiles, privilégiant un renforcement du soutien spécialisé.

Pour les parents, l’enjeu dépasse un cas individuel : “Les élèves ne devraient pas avoir peur d’aller à l’école”, affirme une mère, qui dénonce “un système en difficulté pour protéger tout le monde, y compris ceux qui ont besoin d’un soutien spécialisé”. Certains ont déjà déposé témoignage à la police avec leurs enfants et menacent de retirer ces derniers de l’établissement si la situation ne s’améliore pas. Ces signalements interviennent alors que des incidents similaires sont de plus en plus rapportés dans les écoles du pays, et que l’association des enseignants alerte sur un manque de personnel spécialisé face à des comportements de plus en plus difficiles.

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