
Alors que les prix de l’énergie ne cessent de flamber, une question devient brûlante: faut-il craindre une pénurie de gaz russe?
Ce matin au micro de RTL, le ministre luxembourgeois de l’énergie Claude Turmes s’est voulu rassurant: “On s’est préparé. On a eu des réunions lors des dernières semaines pour anticiper un scénario où il y aurait zéro livraison de gaz de la Russie. Et on peut le faire. On est préparé à cette situation, parce qu’on a aussi des livraisons de gaz liquide par les bateaux.” répond-il.
Le ministre évoque ici le fameux gaz naturel liquéfié (GNL) qui -à la différence du gaz russe acheminé par des gazoducs-, peut arriver par bateau du monde entier. En matière de volumes de GNL, les trois mastodontes aujourd’hui sont le Qatar, les États-Unis et l’Australie, cette dernière s’étant déjà dit prête à envoyer du gaz naturel en Europe.
Et question approvisionnement justement, “au Luxembourg, on est particulièrement bien placé, poursuit le ministre. Pourquoi? “Parce que nous sommes dans un marché belgo-luxembourgeois du gaz. La Belgique est alimentée par des pipelines qui viennent de Norvège - très sûrs -; des Pays-Bas -très sûrs-, et à Zeebruges, il y a un des plus grands ports pour accueillir les bateaux qui amènent le gaz liquide”.
Le Luxembourg est donc, “au niveau des infrastructures, dans une des parties de l’Europe qui est plutôt bien placée pour ne pas subir le chantage de monsieur Poutine” assène Claude Turmes.
Le ministre répond également aux inquiétudes concernant l’électricité: “Tout est préparé, il n’y a pas de danger sur la sécurité d’approvisionnement. Notre problème, sera celui des prix du pétrole, du gaz, de l’électricité. C’est pourquoi une table ronde sera organisée avec tous les fournisseurs d’électricité et de gaz lundi matin, et on va présenter dans les jours à venir des mesures concrètes” pour aider les citoyens.
Dans l’Union Européenne, 40% du gaz importé vient de Russie. Mais c’est une moyenne: tous les pays ne sont pas autant liés au fournisseur russe. Regardons ainsi les données du côté de la Grande Région.

Bref, les inquiétudes restent légitimes, en particulier sur une probable flambée des prix de l’énergie. “Bienvenue dans un monde nouveau, où les européens vont devoir payer 2.000 euros pour 1.000 m3 de gaz”, a averti mardi l’ancien président russe Dmitri Medvedev.
Hélas, avec l’entrée en guerre de la Russie en Ukraine ce jeudi, cette menace est désormais décuplée.
l’Institut luxembourgeois de régulation propose un comparateur en ligne des tarifs proposés par les sept fournisseurs en gaz du pays, afin d’aider les consommateurs à optimiser au mieux leur facture d’énergie.