
“Les éléments, chiffres et même les exemples concrets permettent d’étayer, même sans violer les secrets de l’information ou encore du délibéré ou le secret professionnel, qu’il y a bien une menace sérieuse pour nos institutions, comme cela a déjà été dit et écrit à de nombreuses reprises dans de précédents rapports”, indique un extrait du rapport du président du “comité R”, Serge Lipszyc.
Ce rapport très attendu suite aux perquisitions dans plusieurs casernes et aux domiciles de plusieurs militaires cette semaine sera présenté lors de la commission de la Chambre, ce lundi à 14h00.
Ce sont ces éléments qui l’ont amené à conclure, lors d’une interview pour nos confrères du magazine Wilfried, à l’émergence d’une menace sérieuse de l’extrême droite sur les institutions du pays.
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Le rapport évoque le cas de quatre soldats extrémistes, potentiellement violents, et d’un cinquième fiché comme prédicateur de haine. Le document mentionne aussi des personnes condamnées pour des délits et qui exercent toujours des fonctions au sein des forces armées.
Le comité R déplore le manque de réaction de la Défense. “Seule la gravité de l’affaire Jürgen Conings, les rapports qui ont été rédigés dans ce cadre et une intervention ferme de la ministre de la Défense ont été les déclencheurs de la mise en œuvre des réformes recommandés”, peut-on lire dans le rapport. Des réformes tardives, qui seront très longues à mettre en œuvre, précise le document.
Les services de renseignement et de sécurité de la Défense sont également pointés du doigt. “La coopération entre services n’est pas suffisante. Les renseignements ne sont pas diffusés, si bien que la menace ne reçoit pas l’attention du monde politique”, stipule le rapport de Serge Lipszyc.
Autre problème souligné: le président du comité R ne peut légalement pas donner d’éléments précis aux parlementaires. Pourquoi? Car les députés ne sont pas habilités à prendre connaissance d’informations classifiées.