
“C’est inadmissible de laisser croire qu’entre les deux vagues de cette période du covid, on s’arrange pour baisser les salaires, c’est faux!”, s’insurge Régis Moreau. Le directeur général du groupe UNEOS qui emploie 2.300 personnes, réagit aux propos tenus ce vendredi sur RTL 5Minutes par Vincent Schmitt, infirmier anesthésiste depuis onze ans à l’Hôpital Schuman de Metz.
“Entre les deux vagues, on s’arrange pour baisser nos salaires en nous disant ‘on change votre système d’astreinte, les horaires, etc’. de sorte que nous perdons du salaire”, avait affirmé l’infirmier anesthésiste.
A quoi le directeur général du groupe hospitalier, en pleine restructuration de ses sites à Metz, répond que suite au Ségur de la Santé "tous les salariés, infirmiers, brancardiers, secrétaires, etc., ont été augmentés de 183€ net” en décembre 2019 grâce aux dotations supplémentaires versées par l’Etat.

Régis Moreau explique aussi que les infirmiers anesthésistes “sont mieux rémunérés que ne l’imposent les règles de la convention collective de la branche. Il gagnent 360€ brut de plus par mois”. Concrètement un infirmier anesthésiste diplômé d’Etat (IADE) “débute avec 3.000€ brut par mois et une infirmière gagne entre 2.000 et 2.200€ brut par mois”. Des chiffres plus élevés que ceux avancés par Vincent Schmitt.
Quant à la “fuite énorme d’infirmières” du bloc opératoire de l’hôpital Schuman dont fait état l’infirmier anesthésiste, Régis Moreau tempère là aussi: “Sur les douze mois glissants à août, nous avons eu 160 départs, dont la plupart à la retraite, et seulement 16 sont partis au Luxembourg, Soit 10%” des effectifs.
Fait est que “le covid n’a pas généré plus de départs vers le Luxembourg”, assure le patron du groupe UNEOS. Il met en avant la dernière augmentation unilatérale de 183 euros mais aussi l’accompagnement des soignants et le fait que malgré la crise, aucun salarié n’ait dû renoncer à ses congés (5 semaines par an + 15 jours de RTT).
Ce qui gêne beaucoup plus le directeur général d’UNEOS c’est la fuite massive des jeunes infirmiers fraîchement diplômés des Instituts de formation en soins infirmiers (IFSI). Le groupe en forme en moyenne 1.000 par an dans ses différents services hospitaliers et “si avant entre 5 et 10% d’entre eux partaient au Luxembourg, ils sont entre 30 et 50% à le faire aujourd’hui”.
Ce vivier qui se tarit “fragilise” clairement le groupe hospitalier qui recrute entre 200 et 250 infirmiers par an pour palier aux départs en retraite. Et pose de “gros problèmes puisque ça joue sur la pénibilité du travail” pour tous ceux qui sont en poste dans une période difficile à vivre.
Quant au propos de Vincent Schmitt qui explique que les infirmières quittent le bloc opératoire parce qu’ ”elles demandent des formations qu’elles n’obtiennent pas, elles veulent devenir infirmières de bloc opératoire mais on ne leur paie pas la formation, etc.”, ils sont “complètement faux!”, rectifie Régis Moreau.
Ne serait-ce que parce qu’ ”il y a une obligation légale de formation dont le montant correspond à 1% de la masse salariale, soit 800.000 euros par an pour le groupe UNEOS”. A quoi, précise le directeur général, “il faut ajouter 120.000 euros par an en 2020, 2021 et 2022 plus spécifiquement pour les infirmiers du bloc opératoire”.